Page:Bloy - Les Dernières Colonnes de l’Église, Mercure de France, 1903.djvu/198

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ou des feuilletons. J’ai reçu des offres admirables, mais j’ai refusé toujours et je m’obstine à continuer ce que j’ai entrepris, quoi qu’il advienne, quoi qu’on me propose… Et avec ce système-là je vous prie de croire que je ne me traîne pas positivement dans la soie et les parfums.

Comment ! S’il y a quelque chose que j’aie entrepris de dénoncer dans le langage populaire, c’est le Dogme du Travail sans Amour, si cher aux capitalistes et à Zola, et vous m’en blâmeriez ! Je vous demande de relire, dans Doléances, « Le Piège » et de me dire si je n’ai pas atteint le but que je me proposais, savoir : peindre, exprimer l’état de servitude et d’abrutissement absolu de l’Ilote moderne qu’est l’ouvrier d’industrie, le misérable et mécanique Enfant de l’Outil et de la Machine.

Comment ! jamais l’avilissement de l’Homme, de mon frère l’Esclave, n’a atteint un tel degré, même et surtout dans l’Antiquité, et je n’aurais pas le droit ni la force amoureuse de le démontrer ? Et d’opposer aux thrènes triomphaux des Bourgeois qui hurlent la gloire du Progrès, du Travail, etc., cette simple peinture qui dit : « Le voilà, votre progrès ! le voilà, votre travailleur ! Vous en avez fait une brute, un être comme aucune civilisation n’en a jamais créé. Alors les principes de 89 s’effondrent, voyons,