Page:Bloy - Les Dernières Colonnes de l’Église, Mercure de France, 1903.djvu/208

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Pleine de Grâce, la seule où Dieu ait voulu descendre quand il est venu chez les hommes et dont tous les habitacles de la terre ne sont que de ridicules et douloureuses défigurations.

Il a trouvé cela au fond de sa peine : un besoin immense et ravageur de Celle que les Siècles nomades ont proclamée le Refuge, la Tour, l’Arche, la Maison toute en or, la Porte du Ciel, l’Étoile du matin, le Salut des faibles, la Consolatrice et l’Auxiliatrice et que les chrétiens nomment dix fois Reine, après l’avoir appelée onze fois Mère, très-exactement.

« Il semble qu’on reste pauvre toute sa vie, quand on a pas été aimé par sa mère, » m’a dit ce grand poète, faisant sur lui-même un mélancolique retour. Être privé de tendresse maternelle, être privé de maison, voilà pour lui deux idées consubstantielles — réalisant ainsi, tout à fait à son insu, l’exégèse la plus profonde.

Et voilà que le pauvre qu’il a voulu faire, le pauvre si poignant et si bouleversant des Soliloques, ce pauvre complet, indigent surtout de