Page:Bodin - Les Six Livres de la République, 1576.djvu/52

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t. Anthonin.chro.
ni.rit.2z$. Martin .V.i.ÆnarasSyluius»
in Europa, cap-jj.1.1.cuminadopti-
uis.de adop.C.î. Mafuer.tit.de
probat.verf.item
&fi defun£tus Be-
nedic.in cap.Ray-
nutius in verbo &
vxoremnu.7j8. &
76o.Faber in §. i.
de adopt. inftitut.
3. Gelli..lib.j.c,i, ?DE LA REPVBLIQJEpratiquer enl’adoption de Cofroe Roy dePerfe, quilerefufa, ayâc feeu
que par ce moyen il ne pourroit eftre Empereur, comme dit Procope.
Aufli lifons nous que f EmpereurNçrua par faute d’enfans adopta Tra~
ian,ceftui-cy Adrian,qui depuis adopta Antonin le Piteux,& ne fe con¬
tenta pas d’auoir adopté vn fi homme de bien, ains aufli le chargea d’a¬
dopter de fon viuantÆlius Verus,&Marc Aurele furnomméle Philo-
fophe,affin que l’Empire n’euft faute d’Empereurs les plus vertueux
qui furent-onques. mais ce dernier ayant eu vn fils le plus vicieux qu’il
eftoit poffible, laiflavn trefmauuais fuccefleur, & en euft adopté vn,
comme il en auoit grand vouloir, fi fes amis ne l’en enflent deftourné :
car ce n’eftoit pas la couftume en Rome d’adopter , fi 011 auoit enfans :
& :pourceftecaufe fut blafmé Claude l’Empereur dauoir adopté Né¬
ron, filz de fà fécondé femme, ayant filz ôc fille du premier I16I : qui
furent tuez par Néron. Mais fans vfer d’exemples des eftranges, qui
font infinis, nous auons l’adoption de Loys de France Duc d’Anjou,
par Anne la louuette Royne de Naples &de Sicile à faute d’hoirs, a-
pres8 auoir regetté comme ingrat fon neueu Alphons Roy d’Aragon
qu’elle auoit au parauant adopté, ôc du confentement du*Pape,fei-
gneur fouuerain de Naples ôc deSicile :&depuis René d’Anjou fon ar¬
riéré neueu fut aufli adopté parleanne la ieune auffi Royne de Naples à
faute d’enfans, ôc quafi au mefme temps, c’eft à dire l’an m.cccc.
viii. Henri Duc de Pomeran fut adopté par Marguerite de Vvol-
mar Royne de Dannemarc, Noruege % ôc Suede, pour fuccefleur ef-
dits Royaumes : &toft après Henri cinquiefme Roy d’Angleterre fut
adopté, non par Charle fixiefine, qui eftoit hors de fon fens, mais
par fà femme , qui fift par fon nouueau gendre deelairer Charle fe-
ptiefme fon propre fils incapable de la couronne : encores qu’il fuft
îàge Ôc vertueux Prince. luftinian voulant remedier à tels abus, or¬
donna 1 ,que les enfans adoptez, 11e laifleroyent pas de fucceder à leurs
propres parens, par ce que les peres adoptifs pour peu d’occafion,cha£
foyent les enfans adoptez, aufquels les peres propres n’auoyent rien
laifle pour l’efperance de la fucceffion d’autruy : mais il fut mal con-
feillé d’ofterla puiflance paternelle, qui eftoit la feule marque d’ado¬
ption, laquelle oftee ne reftoit plus rien.Or il eftoit plus expedient de
mettre au néant les ad options, fi le pere auoit des enfans naturels ôc lé¬
gitimés, ou s’il en auoit, ordonner que l’enfant adopté fuccederoit aux
mefmes droids,que l’enfant propre, nous auons bien retenu l’vn en ce
Royaume, mais nous auons laiflé l’autre : car nous ne foufrons1 pas que
les enfans adoptez fuccedent en rien qui foit auec les enfans propres ÔC
légitimés, & ce qu’on leur laifle à faute d’enfans peut eftre laiflé à vn
effranger : ôc le pere peut ce pendant tirer profit de l’adoption , de-
quoy fe plaignoit de fon temps Scipion TAfrican, en la harangue de fa
cenfure qu’il fift auJ peuple, ôc depuis la publication de la loy IuliaPappia,