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LE SATANISME ET LA MAGIE

pacifique de ces cartes par lesquelles s’édifient les châteaux fragiles de l’avenir, — le Tarot.


Ils arrivèrent à la rescousse, haillonneux, bas et insolents, ces messagers de la Bonne-Aventure, sur leurs allègres chevaux, en horde caracolante, avec leurs figures basanées leurs cheveux gras, leurs carrioles de bois peint heurtant les cailloux des rues. Ils demandèrent les échevins, qui s’ébrouèrent. « Qui êtes-vous ? — Je suis, dit le premier, duc de la haute Egypte, et ceux-ci en sont les comtes et les barons ; nous venons demander à la France l’hospitalité. » Les échevins se regardèrent : Quoi ! ceux-ci des ducs, des barons, des comtes ? des pouilleux, ou des voleurs… en tout cas des troupes de païens, dont il faut prendre garde. Le rayonnement du diable obscurcit l’insupportable lueur de leurs yeux. « Et qui vous amène, quel ordre avez-vous reçu ? » Le duc se cambre : « Nous obéissons à Celle que précède notre cortège, qui, réfugiée dans son palanquin, étudie dans les livres d’Hermès la destinée du monde ; c’est notre Reine, notre Duchesse, la Sublime Maîtresse du Feu et du Métal ! » Ah ! front ténébreux que scelle une couronne de sequins, cheveux crespelés de négresse, manteau assyrien où l’or chante parmi de sourdes pierreries. Toi que précède un hérault porteur d’un rameau d’églantier. Mendiante, Papesse !

Non, non, ces bourgeois d’échevins ont trop la crainte du Seigneur, des deux Seigneurs, celui de la terre comme celui du ciel, pour ne pas écarter ces penailleux qui s’enorgueillissent. « Hors Paris, hors Paris ! Allez au diable, d’où vous venez sans doute. (Le bon échevin ne s’imaginait pas dire si vrai !) Allez. » Mais le lendemain toute la