Page:Boissy-Oeuvres de Théâtre de M. Boissy. Vol.2-1773.djvu/179

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LA MARQUISE.

C’est agir noblement. Mon estime redouble.
J’attends tout de votre art, & j’implore vos soins,
Mais je vous veux, Monsieur, consulter sans témoins.


MONTVAL, à Champagne.

Passez dans l’antichambre.


LA MARQUISE.

Passez dans l’antichambre.Éloignez-vous, Lisette.

(Lisette et Champagne sortent.)



Scène III.

LA MARQUISE, MONTVAL.



LA MARQUISE.

Rien n’est égal, Monsieur, à ma peine secrete.


MONTVAL.

Madame me paroît délicate à l’excès.


LA MARQUISE.

Oui, je le suis au point qu’on ne le fut jamais.
Car un rien m’incommode, & deux fois la semaine,
J’ai, sans compter ma toux, une horrible migraine,
Et des maux d’estomac qui m’attaquent le cœur.
L’anéantissement succede à la douleur.
Je suis dans des états si fâcheux & si rudes,
Des malaises si grands, & des inquiétudes ;
Oh ! Pour les concevoir, il faut les ressentir ;
Et ce sont de ces maux qu’on ne peut définir.


MONTVAL.

Le vôtre tient beaucoup de la vapeur, Madame.
Quand ce poison subtil s’est glissé dans une ame,
La dissipation peut seule l’en ôter.
Tous les autres secours ne font que l’irriter.