Page:Boissy-Oeuvres de Théâtre de M. Boissy. Vol.2-1773.djvu/180

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Quels sont vos goûts ? Le Jeu, les Fêtes, la Musique ?


LA MARQUISE.

Oui.


MONTVAL.

Oui.Suivez tour à tour le plaisir qui vous pique.
N’en épuisez aucun, mais effleurez-les tous.


LA MARQUISE.

Avec un Médecin aussi charmant que vous,
On est flatté, Monsieur, ravi d’être malade.


MONTVAL.

Sans doute vous aimez aussi la promenade ?


LA MARQUISE.

Fort, quand le jour est beau, que le monde est brillant.


MONTVAL.

La danse ?


LA MARQUISE.

La danse ? À la fureur.


MONTVAL.

La danse ? À la fureur.La Table ?


LA MARQUISE.

La danse ? À la fureur. La Table ? Infiniment.


MONTVAL.

Le spectacle ?


LA MARQUISE.

Le spectacle ? Beaucoup. Sur-tout la Tragédie.


MONTVAL.

Volez vîte à Paris, & vous serez guérie,
Son séjour est pour vous une nécessité,
Ses plaisirs variés vous rendront la santé,
Pourvu qu’incessamment l’un à l’autre succede.


LA MARQUISE.

Ah ! Monsieur, je le sens, il n’est que ce remede ;
Et personne avant vous n’avoit connu mon mal.
L’air de Paris pour moi vaut mieux que l’air natal.
Que ne puis-je demain suivre votre Ordonnance !
Mais un destin fatal fixe ici ma présence.
J’aime beaucoup mon frere, & ma niece encor plus.