Page:Boissy-Oeuvres de Théâtre de M. Boissy. Vol.2-1773.djvu/205

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CLÉON.

Mais c’est miraculeux.La voilà qui sourit :
Quelque songe amusant lui réjouit l’esprit.


MONTVAL.

Madame, à son réveil elle ira mieux encore ;
J’en réponds maintenant. Chaque instant fait éclorre
Sur sa joue émaillée une nouvelle fleur ;
De sa convalescence elle est l’avant-coureur.


LA MARQUISE.

Ah ! Monsieur, au plutôt achevez le miracle :
Vous avez surmonté déja le grand obstacle.


MONTVAL.

Patience, un moment, le réveil n’est pas loin.


LA MARQUISE.

Pressez-le, & sans tarder, que j’en sois le témoin ;
Que je puisse embrasser une niece si chere :
Ma tendresse est égale à l’amour d’une mere,
Mon cœur vole déja.


MONTVAL.

Mon cœur vole déja.Vous me l’ordonnez, soit.
Je n’ai qu’à lui serrer le bout du petit doigt.


LUCILE, feignant de s’éveiller.

Ah ! je respire enfin ; que je suis soulagée ;
Du poids qui m’accabloit je me sens dégagée :
Je n’ai plus aucun mal. Lisette !


LISETTE.

Je n’ai plus aucun mal. Lisette !Me voilà.


LUCILE.

Il me tarde de voir ma tante, avertis-la.


LA MARQUISE.

Tu me vois devant toi ; tournes vers moi ta vue.


LUCILE

Ah ! ma tante !


LA MARQUISE.

Ah ! ma tante !Ah ! ma niece, ah ! tu m’es donc rendue ?
Je ne te perdrai point.