Page:Boissy-Oeuvres de Théâtre de M. Boissy. Vol.2-1773.djvu/228

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ACTE V.


Scène premiere.


CHAMPAGNE, LISETTE.



CHAMPAGNE.

Un moment, laisses-moi, laisses que je respire ;
Je suis gonflé d’orgueil, & je creve de rire :
Monsieur Bromps a bien fait des dupes aujourd’hui ;
Je l’ai bien secondé, j’ai trompé d’après lui ;
Et de la Faculté tu vois un nouveau membre.


LISETTE.

Toi, tu n’es tout au plus qu’un Docteur d’antichambre.


CHAMPAGNE.

Là, par bonté pour toi, je veux bien m’arrêter.
Hem, comment va ce pouls ? J’ai droit de le tâter ;
Je suis le Médecin de toutes les soubrettes,
Et singuliérement je m’attache aux Lisettes.


LISETTE.

Va, je me porte bien, & tu n’es qu’un nigaud.


CHAMPAGNE

Eh ! ce sont-là pour moi les malades qu’il faut.
Mais tu me connois trop, sans cela mon audace
T’eût subjuguée ici comme la populace.


LISETTE.

L’opinion peut tout sur l’homme prévenu.


CHAMPAGNE.

Je ne le croirois pas si je ne l’avais vu ;
Ah ! que la renommée est une belle chose !