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L’HONORABLE B. JOLIETTE.

des cohéritiers. Sur les terres de St. Paul, à la distance de deux milles de l’emplacement qu’occupe aujourd’hui Joliette, s’élevait, au pied de l’une des cascades de la rivière, un vaste moulin à farine abandonné depuis 1826 et tombé aujourd’hui en ruine.

La surveillance de cet établissement amenait souvent M. Joliette en cet endroit.

Dans une des visites que fit le jeune seigneur sur les beaux domaines que son épouse lui apportait en dot, il côtoya un jour les mille sinuosités de la rivière l’Assomption depuis l’endroit appelé aujourd’hui « Vieux Moulin, » jusqu’aux profondeurs de la seigneurie de Lavaltrie.

Accompagné d’un ami, il s’avançait silencieux à travers l’épaisseur des bois, admirant les cascades murmurantes de cette rivière limpide qui se déroulait sous les arceaux de la forêt vierge, en ce moment toute retentissante des harmonieux concerts des oiseaux.

C’était en 1823, par une délicieuse journée du mois de juin. Sous le ciel serein, le soleil souriait amoureusement aux fleurs nouvellement écloses, versant dans l’atmosphère parfumée par les arômes des plantes, la douce et vivifiante chaleur projetée par les rayons d’or de son disque embrasé.