Page:Bonin - Biographies de l'honorable Barthélemi Joliette et de M le Grand vicaire A Manseau, 1874.djvu/67

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L’HONORABLE B. JOLIETTE.

preté souvent équivoque, armé dune pelle en fer, bouleverse dans la profonde chaudière, le lard, les pois et le blé-d’Inde entassés ; du sein de la marmite bouillonnante, s’élèvent dans les airs, en parfumant la cabane, les odeurs savoureuses de la soupe du soir. Ce succulent potage dont les voyageurs seuls ont le secret, se sert trois fois le jour dans de larges écuelles en ferblanc dont les parois portent souvent l’empreinte des soupes et des ragoûts de la veille, quelquefois même, des semaines et des mois précédents. Affaire de détail ; personne n’y fait attention.

Voilà pour l’intérieur du chantier ; franchissons un intervalle de quinze à vingt pas, et nous examinerons le style des écuries. Leur architecture ne diffère en rien de celle des chantiers, à la seule exception, que les fentes en sont calfatées plus soigneusement et que la porte en ferme plus exactement.

Tournons maintenant le dos à ces élégants édifices ; laissons le cook et ses aides occupés à préparer le repas du soir, pour suivre le foreman et ses hommes marchant bravement à l’assaut des premières redoutes.

Levez les yeux. Voyez-vous ces pins de quatre, de cinq et même de six pieds de diamètre ? Ce sont ces Goliaths de l’armée fores-