Page:Bonneff - Didier, homme du peuple.djvu/10

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à l’oseille, elle ne manquait jamais de monter un bol de bouillon aux gens du cinquième. Et c’était dans la loge que le petit faisait ses devoirs.

C’était bien commode : quand papa rentrait, Didier avait terminé sa besogne. Alors on mangeait l’ordinaire qu’on avait acheté chez le boucher, ou encore une portion vendue par le marchand de vins qui demeurait dans la maison.

En été, on allait quelquefois s’asseoir aux Buttes-Chaumont, en hiver au Cinéma, mais au spectacle comme en plein air, papa, la bouche ouverte, ronflait comme une toupie.

Un jour, papa fut pris de courbatures comme s’il avait reçu cent coups de trique sur les reins. Un vieux rhume, qui ne l’avait pas quitté depuis quinze ans, devint subitement douloureux. Chaque fois que le livreur donnait un coup de pédale, il sentait comme un petit craquement dans le dos, comme une manivelle qui s’accrochait là. Alors, il interrompit sa tournée, gara son tricycle et se coucha.