Page:Bosc - De la fluxion périodique des yeux et de l'immobilité.djvu/27

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


dans une position fléchie, à droite, à gauche ou en bas, absolument comme on peut le faire avec un automate ; et si l’animal quitte au bout d’un certain temps cette position, ce n’est qu’avec une grande lenteur, comme si ce mouvement résultait plutôt d’une rétraction insensible des muscles distendus que d’une contraction commandée par la volonté.

Pendant le repas. — C’est de l’animal immobile que l’on peut dire : Graminis immemor ; car souvent, en effet, les excitations produites par la vue, l’odeur, le goût des aliments ne durent pas assez pour le déterminer à triturer complètement les portions de fourrages introduites dans la cavité buccale et qui ont commencé à subir l’action des mâchoires. La bouchée est oubliée : les mouvements de mastication s’interrompent, et souvent même on voit du foin, de la paille rester arrêtés entre les lèvres (le cheval fume la pipe). Si on lui présente enfin un seau rempli d’eau, il plonge ordinairement la tête jusqu’au fond, parce qu’il ne voit pas ou ne sent pas le liquide placé devant lui ; il ne la retire que poussé par le besoin de respirer.

Pendant le travail. — Les mouvements sont automatiques, sans énergie ; mais ils peuvent, au début, ne rien présenter d’irrégulier soit au pas, soit au trot. L’animal marche assez facilement en ligne droite tout en se montrant insensible à l’excitation du fouet ; mais après un certain exercice qui a produit une accélération de la circulation et de la respiration, le cheval immobile s’arrête souvent brusquement et reste insensible à toutes les excitations : on dit alors qu’il fait des forces. D’autres fois, il s’emporte ou se jette de côté sans qu’on puisse l’arrêter.

L’un des symptômes le plus important de l’immobilité,