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La France plus qu’aucun pays d’Europe a raison de déplorer sa négligence de l’instruction. Gambetta dit que c’est l’infériorité de l’éducation nationale qui fut la cause de ses revers, et qu’elle fut battue par « des adversaires qui avaient mis de leur côté, la prévoyance, la discipline et la science, ce qui prouve, en dernière analyse, que même dans les conflits de la force matérielle, c’est l’intelligence qui reste maître. »

Si tout cela est vrai, s’il est vrai que nous puissions, surtout de nos jours, suivre la hausse et la baisse des peuples d’après le degré de leur culture intellectuelle ; s’il est vrai que la source de toute richesse se trouve dans la science et dans elle seule, est-il surprenant que les Canadiens soient pauvres, est-il étonnant qu’ils se sentent inférieurs, eux qui, d’après nos documents officiels, ne connaissent pas les sciences et ne cherchent pas encore à les connaître ?

Le département de l’Agriculture de Québec a publié pour l’Exposition, une brochure intitulée « La Province de Québec. » Elle est écrite, nous dit-on, par M. Arthur Buies. Nous en détachons le paragraphe suivant : — « L’absence des écoles professionnelles ou d’application scientifique a longtemps empêché les Canadiens-français de connaître et d’apprécier à leur valeur véritable les ressources étonnantes de leur pays ; qu’ils réussissent enfin à avoir des écoles de cette nature, qu’ils puissent enfin ouvrir le grand livre des sciences appliquées, eux qui sont si singulièrement bien doués et si ingénieux en ce qui concerne l’intelligence et l’emploi des forces et des inventions mécaniques, et l’on peut assurer qu’ils se feront et garderont une large place dans les conditions futures des populations Nord-américaines. »

Si maintenant nous consultons la statistique scolaire contenue dans le même volume, nous aurons plus clairement encore le sentiment de notre faiblesse sous ce rapport.

« Comme dans tous les autres pays civilisés, dit la brochure, l’instruction publique dans la province de Québec comprend trois grandes divisions principales : 1° Les écoles supérieures ou universités ; 2° les écoles secondaires ; 3° les écoles primaires.

« Il y a en outre les écoles spéciales et les écoles normales.

« Les écoles primaires se divisent en deux sections, écoles élémentaires et écoles modèles. Les écoles catholiques sont au nombre de 4,236 fréquentées par 273,215 élèves catholiques et 684 élèves protestants, formant un total de 273,899.

« Les écoles élémentaires protestantes sont au nombre de 891 fréquentées par 25,311 élèves protestants et 2082 élèves catholiques, formant un total de 27,393.

« L’enseignement primaire est donné par des instituteurs (religieux ou laïques) et des institutrices (religieuses ou laïques.)

« Les instituteurs et les institutrices laïques ne peuvent enseigner sans être munis d’un brevet de capacité. Ils sont recrutés