Page:Bouillet - Atlas universel, 1865.djvu/327

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
TEMPS MODERNES. 313

Ap. J.-C.


Tcherkesses ou Circassiens, au nombre de plus de 200 000, préfèrent quitter leur patrie plutôt que d’accepter la domination russe. Privés de leurs armes, dépouillés de leurs biens, ile émigrenten Turquie, où ils arrivent décimés par la misère et les maladies. L’Europe assiste impassible à cette expatriation d’une nation entière.

Les différends qui ont duré si longtemps entre la Turquie et le Monténégro au sujet de la délimitation des deux États sont enfin aplanies par la commission mixte qui s’en occupait (août).

Coup d’État du prince Couza dans les Principautés danubiennes (14 mai) ; dissolution de l’assemblée nationale qui avait refusé d’adopter une nouvelle loi électorale ; le peuple approuve par un vote presque unanime les mesures prises par le prince ; création d’un conseil d’État ; nouvelle loi électorale ; loi rurale appelant les paysans à la propriété. — La Porte et les autres puissances donnent leur approbation à tous ces changements. — La question de la sécularisation des couvents est réservée à une conférence des puissances garantes.

Soulèvement des tribus principales de la régence de Tunis, à cause d’une augmentation de l’impôt de la capitation et de l’établissement de cours de justice composées de juges impopulaires, tandis qu’auparavant le roi seul exerçait le pouvoir judiciaire (18 avril). — 1er mai. Les insurgés au nombre de 20000 hommes environ réclament le renvoi du Kasnadar (ministre) Sidi-Mustapha ; le bey refuse. — La France, l’Angleterre et l’Italie envoient leur escadre à Tunis. — Les troubles, un instant suspendus à la suite d’un arrangement entre le gouvernement et les insurgés sur la base d’une réduction d’impôts, recommencent et continuent jusqu’à la fin de cette année.

Le sultan du Maroc, Sidi-Mohammed, accorde aux Européens la liberté du commerce dans tout son empire.

Continuation des difficultés entre le vice-roi d’Egypte et la compagnie établie pour le percement de l’isthme de Suez ; l’empereur Napoléon III est choisi pour arbitre ; il prononce le 6 juillet sa décision, qui est communiquée officiellement aux parties intéressées.

La commission hellénique prend possession dès îles Ioniennes (28 mai). Un câble sous-marin est heureusement posé entre Bassora et le continent indien ; les communications électriques sont ainsi définitivement établies entre l’Inde et l’Europe.

En Chine, revers des Taipings, qui ne conservent plus que deux places importantes, parmi lesquelles Nankin, qui sera pris le 19 juillet.

Le 29 août, les forces navales combinées de la France, de l’Angleterre, des Pays-Bas et des ÉtatsUnis dirigent une attaque vigoureuse contre les forts du prince Nagato, dans le détroit de Simonoseki ; ce prince, qui prétendait s’opposer à la libre navigation des Européens dans ce détroit, fait sa soumission.

Au Mexique, progrès des troupes françaises, qui expulsent de presque tous les points les forces de Juarez et les dispersent. — Le 10 avril, l’archiduc Maximilien reçoit la députation mexicaine à Miramar, et déclare qu’il accepte la couronne impériale du Mexique, sous le nom de Maximilien I er, empereur du Mexique ; le général Almonte sera chargé du gouvernement du Mexique jusqu’à l’arrivée de l’empereur. — L’empereur et l’impératrice du Mexique arrivent dans la rade de la VéraCruz ; proclamation de l’empereur au peuple mexicain (28-29 avril). — Le 12 juin, entrée de l’empereur et de l’impératrice à Mexico. A partir de ce moment, les forces françaises, restées au Mexique, ne cessent de lutter contre les partisans « le Juarez.


Ap. J.-C.

Arrivée au Pérou, le 20 mars, d’un commissaire spécial extraordinaire espagnol, chargé d’adresser au gouvernement péruvien des réclamations au sujet de l’affaire de Talambo (une colonie composée de Basques avait été attaquée, un colon avait été tué et plusieurs blessés). — Sur le refus du gouvernement péruvien de traiter avec l’envoyé d’Espagne, tant qu’il continuerait de prendre le titre ci-dessus, le contre-amiral Pinzon occupe les îles Chinchas, en déclarant qu’il y restera jusqu’à ce que satisfaction ait été accordée à l’Espagne (14 avril). — Vive agitation à Lima. — Ultimatum posé au gouvernement péruvien par l’amiral Pareja (26 déc.) ; un délai de 8 jours est accordé par l’amiral ; malgré l’opposition de la chambre, le gouvernement cédera.

Commencement de l’intervention brésilienne entre le président en exercice de l’Uruguay et l’ancien président Florès ; essais inutiles de rapprochement tentés par les représentants des puissances européennes (mars-juin). — Le Paraguay proteste contre toute occupation brésilienne du territoire de l’Uruguay (sept.).

Promulgation de la nouvelle constitution des États-Unis de Venezuela (1er mai).

Continuation de la guerre aux États-Unis (3e année). Les revers éprouvés sur presque tous les points, au début de cette année, par les troupes fédérales décident le gouvernement de Washington à concentrer entre les mains de Grant le commandement en chef de toutes les forces de l’Union.

— Le 5 mai, pour la 4e fois, l’armée du Potomac franchit le Rapidan et envahit la Virginie, pendant que Sherman, chargé du commandement de l’armée de Géorgie, attaquait à Chatanooga l’armée séparatiste, commandée par Johnstone. — 5-11 mai. Bataille sanglante de Wilderness, entre les armées de Grant (N.) et de Lee (S.) ; elle dure 7 jours. — 10-13 mai. Deuxième bataille, non moins sanglante, livrée à Spottsylvania ; elle dure 4 jours. — Le général Grant essaye en vain de franchir le Chickahominy ; il est repoussé par Lee (3 juin) ; il fait alors un circuit, jette son armée de l’autre côté de la rivière James, établit son quartier général à City-Point et se propose d’arriver à Richmond, en emportant la forteresse de Petersburg ; repoussé dans deux assauts terribles (juin), il se résigne à faire un siège régulier.

— Brillante campagne de Sherman, en Géorgie ; il bat les confédérés à la bataille de Resaca et les force d’abandonner leurs positions retranchées de Dalton, de Resaca et de se retirer derrière l’Etowah (14-15 mai) ; après plusieurs combats heureux, il s’empare de Marietta, de Rome, de la ligne du Chattahochee. — Vaine démonstration d’Ewell, lieutenant de Lee, contre Washington ; Grant reste immobile devant Petersburg et s’applique alors avec un sang-froid imperturbable à l’exécution du grand plan stratégique, qui était d’achever l’investissement de la capitale, de renfermer dans le camp retranché entre Richmond et Petersburg les forces du Sud, de faire envahir le centre et les extrémités de la confédération, bloquer les places maritimes du littoral, couper enfin toutes les voies de communication du côté de Lynchburg. La fin de cette année et les premiers mois de la suivante seront consacrés par Grant et Sherman à l’accomplissement de ce plan, qui devait aboutir à la prise de Richmond et à l’anéantissement des forces du Sud. — Brillante campagne du général Thomas (Nord) contre Hood dans le Tennessee. — Marche irrésistible de Sherman, qui, après s’être emparé d’Atlanta, occupe la ville importante de Savannah, qu’avait évacuée le général Hardee (Sud) (21 déc). — Combat en vue du port de Cherbourg entre le bâtiment confédéré l’Alabama et la corvette fédérale le Kearseage. L’Alabama est battu