Page:Bouillet - Chassang - Dictionnaire universel d'histoire-geo - 1878 - P1 - A-G.djvu/619

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jeune nymphe, vive et enjouée, couronnée de myrte et de roses; de la main gauche, elle tient une lyre, et de l'autre un archet (plectrum); près d'elle est un Amour, avec un flambeau allumé.

ÉRATOSTHÈNE, savant grec à la fois géomètre, astronome, géographe, philosophe, grammairien et poëte, était né à Cyrène vers l'an 276 av. J.-C., et fut bibliothécaire d'Alexandrie sous Ptolémée Évergète. Ayant perdu la vue, il se laissa, dit-on, mourir de faim à l'âge de 82 ans (194). Ératosthène sut le premier mesurer un degré du méridien et évaluer la grandeur de la terre, qu'il estima à 252 000 stades de circonférence ; il démontra l'inclinaison de l'écliptique sur l'équateur et fixa cette inclinaison à 23° 51' ; il inventa la sphère armillaire et construisit le premier observatoire. Il laissa une carte générale qui fut longtemps l'unique base de la géographie : il y donnait à l'arc du méridien compris entre les deux tropiques 47° 42' ; vingt siècles après lui, l'Académie des sciences de Paris retrouvait à très peu près la même mesure (47° 40'). Comme mathématicien, il inventa une méthode, dite crible d'Ératosthène, pour connaître par exclusion tous les nombres premiers, résolut le problème de la duplication du cube, et imagina le mésolabe, instrument propre à connaître les moyennes proportionnelles. En histoire, il continua les recherches de Manéthon sur l’Égypte ancienne, et dressa une chronologie des rois thébains. Il avait composé une description de la Grèce, un précis des conquêtes d'Alexandre, et avait même écrit sur la vieille comédie attique. Malheureusement il ne reste de lui que quelques fragments, publiés par Car. Seidel, Gœttingue, 1798, grec-latin, et d'une manière plus complète par Gott. Bernhardy, sous le titre: d’Eratosthenica, Berlin, 1822.

ERBACH, ville du grand-duché de Hesse-Darmstadt, à 41 kil. S. E. de Darmstadt; 2000 hab. Elle possède un vieux château et un musée où se voit entre autres antiquités le tombeau d'Éginhard. Restes d'une maison de Templiers. Cette v. a donné son nom aux comtes d'Erbach, qui prétendent descendre d'Éginhard et d'Emma, fille de Charlemagne, qui avait, dit-on, épousé Éginhard.

ERBIL, l'anc. Arbela, v. forte de la Turquie d'Asie (Mossoul), ch.-l. d'un livah, à 85 k. S. E. de Mossoul; 4000 h., la plupart Kourdes

ERCHINOALD, seigneur neustrien, parent, par sa mère, du roi Dagobert I, remplaça Éga dans la mairie de Neustrie (640) et y joignit en 641 la mairie de Bourgogne,. Après la disparition du jeune Dagobert en Austrasie (657), il réunit sur la tête de Clotaire III, fils aîné de Clovis II, les 3 couronnes de Neustrie, de Bourgogne et d'Austrasie et gouverna au nom de ce prince. M. en 659.

ERCILLA (don Alonzo d'), poëte épique et guerrier espagnol, né à Madrid en 1533, mort en 1596, accompagna en qualité de page l'infant don Philippe (Philippe II) dans ses voyages en France, en Italie, en Allemagne, en Angleterre ; s'embarqua en 1547 pour aller combattre au Chili des peuplades révoltées, se couvrit de gloire dans une expédition contre les Araucans, et chanta lui-même ses exploits dans le poème de l’Araucana. Il revint en Espagne en 1564, et y publia son poëme, en 3 parties, qui parurent en 1569, 1578 et 1590. Cet ouvrage, plusieurs fois réimprimé en Espagne, a été trad. et abrégé par M. Gilibert de Merlhiac, Paris, 1824. On est partagé sur le mérite de l’'Araucana; Cervantès l'égale aux chefs-d'œuvre de l'Italie; cependant il pèche par le plan : on peut le placer à côté de la Henriade.

ERDRE, riv. de France, naît à 11 kil. E. de Gandé (Maine-et-Loire), passe à Nort et se perd dans la Loire à Nantes; cours, 90 kil.

ÈRE. Les principales ères sont :

L'ère chrétienne, qui commence à la naissance de J.-C., ou plutôt, par une erreur consacrée, 4 ans ou, selon d'autres, 7 ans après la véritable époque de cette naissance. C'est par rapport à cette ère que l'on compte les années, soit en remontant pour les événements antérieurs à la naissance de J.-C., soit en descendant, pour les événements postérieurs. C'est aussi à elle qu'on rapporte toutes les autres ères.

Ères antérieures à J.-C.
L'ère mondaine des Juifs ou de la création :
Suivant l'Église grecque, 5508 av. J.-C.
Suivant l'Art de vérifier les dates, 4963
Suivant Usserius et la chronologie vulgaire, 4004
indoue de Kaliouga, 3101
des Chinois (selon de Guignes), 2697
des Olympiades, 776
de la fondation de Rome, selon Varron, 753
selon les Marbres Capitolins, 752
selon Caton, 752
de Nabonassar (selon Cl.Ptolémée), 747
d'Alexandre (à partir de sa mort), ou Ère des Lagides, 323
des Séleucides, 312
julienne, 45
d'Actium, 31
des Augustes ou de l'Empire, 27
Ères postérieures à J.-C.
de Dioclétien ou des Martyrs, 284
des Arméniens, 532
de l'hégire ou fuite de Mahomet, 622
persane d'Yezdedgerd, 632
du concile de Constantinople (établie par l'Église grecque), 680
américaine, 4 juillet, 1774
de la République française, 22 sept. 1792

ÉRÈBE, c.-à-d. en. grec ténèbres, fils du Chaos, frère et époux de la Nuit, et père du Jour, fut métamorphosé en fleuve; et précipité dans les Enfers pour avoir secouru les Titans. — Le nom d'Érèbe se prend aussi chez les poëtes pour l'Enfer.

ÉRECHTHÉE, roi fabuleux d'Athènes, qu'on fait régner de 1525 à 1460, était fils de Pandion. Les Thraces ayant envahi l'Attique et pris Éleusis, il immola sa fille Chthonie, pour obtenir sur eux la victoire. Il tua dans le combat Eumolpe, fils de Neptune, et fut en punition frappé de la foudre. On lui attribue l'institution des mystères d'Éleusis. Une tribu de l'Attique portait son nom. V. ÉRECHTHONIUS.

ÉREKLI, Heraclea ou Perinthus chez les anc., v. et port de la Turquie d'Europe (Roumélie); sur la mer de Marmara, à 85 kil. O. de Constantinople. Évêché grec. — Heraclea Pontica, v. de la Turquie d'Asie,, dans l'Anatolie, sur un golfe de la mer Noire, à 198 kil. E. N. E. de Constantinople et à 67 k. N. O. de Boli ; 5000 hab. Port, murailles. Soie, châles, cire, bois de construction, riz, sucre, café, tabac.

ÉRÉSICHTHON, fils de Triopas, roi de Thessalie. Ayant profané une forêt consacrée à Cérès en y abattant un chêne, la déesse l'en punit en l'exposant à une faim insatiable; il expira dans de cruels tourments, après avoir dévoré ses propres membres. Sa fille Métra, qui était douée du pouvoir de se métamorphoser, employa inutilement les moyens, les plus ingénieux pour assouvir sa faim, en se transformant de mille manières. Ovide, dans ses Métamorphoses, et Callimaque, dans son Hymne à Cérès, ont admirablement décrit le supplice d'Érésichthon.

ERÆSOS, Erissi, v. de l'île de Lesbos, sur la côte S. O. Patrie de Théophraste.

ÉRÉTRIE, Eretria, auj. Paleo-Castro, une des princip. v. de l'île d'Eubée, sur la côte occid., au S. E. de Chalcis, fut saccagée par les Perses 490 av. J.-C. Patrie du philosophe Ménédème, un des chefs de l'école d'Élis, dite aussi école d'Érétrie.

ERFURT, Erfordia, v. des États prussiens (Saxe), dans l'anc. Thuringe, ch.-l. du gouvt d'Erfurt, à 280 kil. S. O. de Berlin; 32 000 hab. : elle en comptait 58 000 au XVIe siècle. Place-forte de second rang, avec deux citadelles faites des restes de deux anc. abbayes. Jardins nombreux à l'intérieur;, 5 grandes places; cathédrale gothique, possédant une cloche de