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mière année de la persécution de Dioclétien. On l'honore le 18 novembre.

ALPHONSE, nom de princes de divers pays.

I. Rois des Asturies, de Léon et de Castille.

ALPHONSE I, le Catholique, né en 693, devint roi des Asturies en 739, deux ans après la mort de Pélage, dont il avait épousé la fille, et succéda à Favilla. Il vainquit en plusieurs occasions les Maures et leur enleva plus de 30 villes. Il mourut en 757.

ALPHONSE II, le Chaste, roi des Asturies en 783, fut renversé la même année par un compétiteur et ne remonta sur le trône qu'en 791. Il remporta plusieurs victoires sur les Musulmans, établit sa cour à Oviédo, s'empara de Lisbonne, et mourut en 842. Dès 835, il avait abdiqué en faveur de Ramire, fils ainé de Bermude.

ALPHONSE III, le Grand, roi des Asturies, succéda à Ordogno, son père, en 866, remporta un grand nombre de victoires sur les Maures, ajouta à ses États le roy. de Léon et quelques autres provinces, et eut à combattre plusieurs révoltes. Vaincu par son propre fils Garcie, il se vit obligé d'abdiquer en faveur de ce prince, en 910. Il mourut deux ans après. C'est sous lui que fut consacrée la célèbre église de St-Jacques de Compostelle. On lui attribue une Chronique des rois d'Espagne, depuis Wamba jusqu'à Ordogno.

ALPHONSE IV, le Moine, roi de Léon et des Asturies, petit-fils du précédent, ne régna que trois ans (924-927), et se vit forcé d'abdiquer en faveur de son frère Ramire, qui, après l'avoir privé de la vue, le renferma dans un monastère prés de Léon, où il mourut en 933.

ALPHONSE V, roi de Léon et de Castille (999-1027), profita des dissensions qui régnaient parmi les Maures pour les attaquer. Mais il fut tué au siège de Viseu, en 1027, d'une flèche tirée des remparts.

ALPHONSE VI, roi de Galice, de Léon et de Castille (1065-1109), fils de Ferdinand I. Celui-ci ayant, à sa mort, partagé ses États entre ses trois fils, Alphonse eut en partage le royaume de Léon. Il en fut dépouillé en 1068 par son frère Sanche, roi de Castille; mais, à la mort de celui-ci, qui périt assassiné en 1072, il rentra dans ses États, et fut même proclamé roi de Castille, après avoir juré qu'il était innocent de ce meurtre. Il remporta de grands avantages sur les Maures d'Espagne, et leur prit Tolède, dont il fit sa capitale (1085); mais, s'étant ensuite allié avec eux contre les Almoravides, il s'attira de grands malheurs, perdit la bataille de Zélaka (1086), puis celle d'Uclès (1108), où périt son fils unique, le jeune Sanche, et mourut peu après de chagrin. C'est sous son règne que vécurent le Cid et Henri de Bourgogne, à qui il donna le Portugal. Sa fille Urraque lui succéda.

ALPHONSE VII devint roi de Castille par son mariage avec Urraque (1109). Il régnait déjà en Aragon sous le titre d'Alphonse I. V. ci-après ALPHONSE I, roi d'Aragon.

ALPHONSE VIII, roi de Castille, de Léon et de Galice (1126-1157), était fils d'Urraque et de Raymond de Bourgogne. Il partagea quelque temps la couronne avec sa mère. Lorsqu'il régna seul, il répara les maux qu'avait causés la mauvaise administration d'Urraque, Il reprit sur le roi d'Aragon, Alphonse I, son beau-père, plusieurs places dont ce prince s'était emparé, vainquit les Maures, leur enleva Calatrava et Almeria, et prit le titre fastueux d'empereur des Espagnes. Son dernier exploit fut une victoire remportée à Jaén, en 1157, sur les Maures venus d'Afrique. Ce prince avait marié sa fille Constance au roi de France Louis VII.

ALPHONSE IX, le Noble, roi de Castille de 1158 à 1214, n'avait que trois ans à la mort de son père Sanche III, fils d'Alphonse VIII. Sa minorité fut troublée par la rivalité des deux maisons de Castro et de Lara, qui se disputèrent la régence; mais il reconquit, à sa majorité, tout ce que ses voisins avaient usurpé pendant ces troubles, et ajouta même à ses États les prov. d'Alava, de Biscaye et Guipuzcoa. Défait par les Maures en 1195, près d'Alarcos, il remporta sur eux, avec le concours des rois de Navarre et d'Aragon, la célèbre bataille de las Navas de Tolosa, dans la Sierra-Morena, en 1212. — Un autre Alphonse IX, cousin du précédent, fut roi de Léon seulement, de 1187 à 1230, et se signala aussi contre les Maures.

ALPHONSE X, l'Astronome et le Sage (c'est-à-dire savant), roi de Léon et de Castille, succéda à Ferdinand III, son père, en 1252. Cinq ans après, une faction de princes allemands l'appela à l'empire et l'opposa à Rodolphe de Habsbourg. Tandis qu'il disputait la couronne impériale, les Maures envahissaient ses États, et son fils don Sanche se révoltait contre lui et le renversait du trône (1282). Après avoir appelé les Maures d'Afrique à son secours, Alphonse fit de vains efforts pour reprendre son sceptre, et mourut de chagrin à Séville, en 1284. C'était le prince le plus instruit de son siècle; mais il ne connut pas l'art de régner. Il introduisit en Europe les sciences des Arabes, releva l'université de Salamanque, donna à ses sujets le recueil de lois connu sous le nom de las siete (7) Partidas (1260), et fit dresser des tables astronomiques appelées de son nom Alphonsines. Ce prince disait, assure-t-on, que, si Dieu l'avait appelé à son conseil au moment de la création, le monde eût été bien mieux ordonné : il ne voulait sans doute par là que critiquer les systèmes d'astronomie adoptés de son temps. On a de lui des poésies, et on lui attribue une Chronique d'Espagne (publiée par Ocampo, Zamora, 1542).

ALPHONSE XI, le Vengeur, fils de Ferdinand IV, roi de Léon et de Castille, succéda à son père en 1312. Ligué avec le roi de Portugal Alphonse IV, il défit les Maures en 1340, à la célèbre bataille de Tarifa, en Andalousie. Il mourut de la peste, en 1350 au siège de Gibraltar, ville qui lui avait été enlevée par les Maures en 1333.

II. Rois d'Aragon.

ALPHONSE I, le Batailleur, roi d'Aragon et de Navarre (1104-1134), épousa Urraque, fille et héritière d'Alphonse VI, roi de Castille, voulut, à la mort de ce prince (1109), joindre la Castille à ses États, et fut même reconnu roi de ce pays par un parti puissant au détriment d'Urraque qu'il avait épousée; mais cette princesse s'y opposa, le força, après sept ans de combats, à renoncer à ses prétentions, et divorça. Alphonse fit la guerre aux Maures d'Espagne et d'Afrique, remporta plusieurs victoires signalées, et s'empara, en 1118, de Saragosse, où il établit sa résidence. Mais il fut vaincu devant Fraga en Catalogne, et mourut du chagrin que lui causa cette défaite, en 1134. Il avait assisté à 29 batailles. Ce prince est connu en Castille sous le nom d'Alphonse VII.

ALPHONSE II, roi d'Aragon (1162-1196), porta la guerre en France, eut de longs démêlés avec les comtes de Toulouse, et réunit à ses États le Roussillon, le Béarn et la Provence, qui lui étaient échus par héritage. Ce prince cultiva les lettres ou ce qu'on appelait alors la gaie science; on le compte parmi les troubadours.

ALPHONSE III, roi d'Aragon (1285-1291), fils aîné de Pierre II, eut à combattre une ligue formée par les rois de France, de Naples et de Castille, et fut contraint de signer un traité désavantageux. En 1288, il enleva Minorque aux Musulmans. Son règne est remarquable par les barrières que les Aragonais élevèrent, en 1287, contre les empiétements du pouvoir royal.

ALPHONSE IV, roi d'Aragon (1327-1336), surnommé le Débonnaire à cause de sa faiblesse, vit son propre fils, Pierre IV, se révolter contre lui. Néanmoins, il enleva aux Génois la Sardaigne, que le pape lui avait adjugée.

ALPHONSE V, le Magnanime, roi d'Aragon et de Sicile, succéda en 1416 à son père, Ferdinand le Juste. Déjà roi de la Sicile, que son père lui avait transmise,