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lemagne et de Hollande. Flacius est auteur d'une Histoire ecclésiastique, en latin, qui est connue sous le nom de Centuries de Magdebourg, parce qu'il la commença dans la ville de ce nom. Elle a été imprimée à Bâle, 13 vol. in-fol., 1559-74. On en a publié un extrait en 9 vol. in-4, Tubingue, 1592-1604. Cet extrait a été trad. partiellement en français. On a aussi de lui une Clavis sacræ Scripturæ.

FLAGELLANTS, pénitents qui allaient en procession par les villes, nus jusqu'à la ceinture et armés d'un fouet dont ils se flagellaient publiquement, en chantant des cantiques, pour expier leurs péchés. On les nommait aussi Blancs-battus, parce qu'ils portaient une sorte de manteau blanc. Les premiers Flagellants apparurent au XIe siècle. S. Pierre Damien fut un des plus ardents à les propager. En 1268 ils formèrent une véritable secte, et Reinier, dominicain de Pérouse, fut déclaré leur chef. La peste qui désola l'Allemagne en 1348 redoubla leur ferveur, et ils se multiplièrent, malgré les censures du clergé. En 1574, le roi de France, Henri III, s'enrôla dans cet ordre avec toute sa cour. Il n'y a pas un siècle qu'on trouvait encore de ces fanatiques en Italie et dans le midi de la France. J. Boileau a écrit en latin une Histoire des Flagellants (Paris, 1700), trad. en franç. par l'abbé Grouet, 1701.

FLAHAUT, famille noble de Picardie, possédait dès la fin du XVIe siècle, la seigneurie de La Billarderie en Boulonnais, et reçut le titre de comte à la fin du dernier siècle. Elle a fourni à la France plusieurs officiers distingués. — C'est à cette famille qu'appartient le comte de Flahaut, né en 1785, ancien aide de camp de Napoléon, pair de France sous Louis-Philippe, sénateur et ambassadeur en Angleterre sous Napoléon III.

FLAHAUT (Mme de), comtesse de Souza. V. SOUZA.

FLAMAND (Franç.), sculpteur. V. DUQUESNOY.

FLAMBOROUGH, bourg d'Angleterre (York), à 26 kil. S. E. de Scarborough; 1400 hab. A 4 kil. E. se trouve le cap de Flamborough, sur lequel on a élevé en 1805 un phare de 83m de haut.

FLAMEL (Nicolas), écrivain-juré de l'Université de Paris au XIVe siècle, né à Pontoise vers 1350, mort en 1413, tenait, avec sa femme Pernelle, une modeste échoppe d'écrivain près de l'église St-Jacques-la-Boucherie. Ce personnage a été le sujet des fables les plus absurdes. Il avait acquis par des moyens qui n'étaient pas connus une fortune considérable ; on prétendit qu'il avait trouvé le secret de faire de l'or. Quoi qu'il en soit, on lui attribue la fondation de plusieurs hôpitaux et de plusieurs chapelles : il embellit les églises de St-Jacques-la-Boucherie et des Innocents. La source des richesses de Flamel paraît se trouver dans les rapports qu'il entretenait avec les Juifs, très-persécutés alors : dépositaire de ce qui leur appartenait, il devenait propriétaire des biens de ceux qui mouraient en exil ou dans les supplices. On lui attribue plusieurs ouvrages d'alchimie, qui n'ont aucune authenticité. L'abbé Villain a donné l’Hist. critique de Flamel et de Pernelle, Paris, 1601.

FLAMINES, prêtres romains institués par Romulus ou par Numa, étaient ainsi nommés du flammeum, espèce de voile couleur de feu qu'ils portaient sur la tête, et dont ils enveloppaient leurs cheveux. Ils se divisaient en deux classes, les Flamines majeurs et les Flamines mineurs. Parmi les premiers, on distinguait le Fl. dial ou de Jupiter, le Fl. martial ou de Mars, et le Fl. Quirinal, c.-à-d. de Quirinus ou Romulus. Le nombre des Flamines mineurs était illimité. Les Flamines majeurs étaient nommés par le collège même ; le peuple assemblé par curies élisait les mineurs. Les uns et les autres avaient pour costume une toge prétexte, pour coiffure un casque surmonté d'un petit cône allongé ou apex. — Le Flamine dial, grand pontife de Jupiter, avait la chaise curule, la robe de pourpre, et se faisait précéder d'un licteur; mais il était soumis à une foule de pratiques bizarres et ridicules : ainsi il lui était défendu de toucher des fèves ou de la farine levée; il ne pouvait passer une seule nuit hors de Rome, ni aller à cheval, ni porter sur lui aucun nœud, etc. Si sa femme venait a mourir, il perdait sa dignité.

FLAMINIE, Flaminia, une des sept provinces du diocèse d'Italie sous l'empire romain, s'étendait de Modène à l'Adriatique, et avait pour bornes à l'O. l’Émilie, au N. la Vénétie, au S. la Valérie; ch.-l., Ravenne. Elle correspondait à la partie orientale de la légation de Bologne, aux légations de Ferrare et de Ravenne, et à une partie de celle de Forli. Elle devait son nom à la voie Flaminienne qui la traversait.

FLAMINIENNE (Voie), Flaminia via, une des grandes voies romaines, conduisait de Rome à Ariminum par la Sabine, l'Ombrie, le pays des Senones, et avait 360 milles de long. Elle fut commencée en 221 av. J.-C. par le censeur Flaminius, dont elle reçut le nom. On la prolongea depuis jusqu'à Aquilée.

FLAMININUS (T. QUINTIUS), général romain, consul l'an 197 av. J.-C. Envoyé contre Philippe, roi de Macédoine, et contre la Ligue Achéenne, il battit Philippe sur l'Aoüs, détacha du parti de ce prince les Achéens, avec lesquels il fit alliance, le défit complètement lui-même à Cynoscéphales, et peu après proclama libres, aux jeux isthmiques, toutes les villes grecques, mesure qui excita leur enthousiasme (196). Il réduisit ensuite Nabis, tyran de Sparte, mais sans vouloir l'anéantir, et souleva les Étoliens contre la domination étrangère. De retour à Rome, il y obtint les honneurs du triomphe; la cérémonie dura trois jours. Envoyé en 194 à la cour de Prusias, où Annibal avait trouvé un asile, il décida ce prince à livrer son hôte aux Romains, ce qu'Annibal ne put éviter qu'en s'empoisonnant. Plutarque a écrit sa Vie.

FLAMINIUS NEPOS (C.), consul l'an 223 av. J.-C., était plébéien, avait d'abord été tribun du peuple et avait proposé une loi agraire. Pendant son consulat, il battit les Gaulois Insubriens. Il fut de nouveau nommé consul en 217 : brave, mais présomptueux, il eut la témérité de livrer bataille à Annibal sans attendre son collègue et malgré les ordres du sénat; il fut complètement battu sur les bords du lac Trasimène et périt dans l'action. Quelques années auparavant (221), étant censeur, il avait fait construire la voie et le cirque qui portèrent son nom.

FLAMMA. V. CALPURNIUS.

FLAMSTEED (J.), astronome anglais, né en 1646 à Derby, mort en 1719, fut le premier chargé des travaux astronomiques à l'observatoire de Greenwich (1676). Avec des moyens fort imparfaits, il obtint des résultats merveilleux. On a de lui : Historia cœlestis, 1712 et 1725 (c'est un des plus riches dépôts d'observations; on y trouve un catalogue de 2866 étoiles). On lui doit un magnifique Atlas céleste, 1729. Il proposa pour la construction des cartes une projection qui diffère de celle de Mercator et qui est connue sous le nom de projection de Flamsteed.

FLANATIQUE (Golfe), Flanaticus sinus, enfoncement de l'Adriatique entre l'Istrie et l'Illyrie, est auj. le golfe de Quarnero.

FLANDRE. On donnait anciennement ce nom à tout le pays compris entre le Bas-Escaut, la mer du Nord, l'Artois, le Hainaut et le Brabant. Elle formait un vaste comté, qui avait pour capit. Gand. On y distinguait le Comté de Flandre, la Flandre française, la Flandre gallicane, dite aussi Flandre welche et wallonne, la Flandre allemande ou flamande (V. ci-après). — Le sol de la Flandre est sablonneux, bas et marécageux, le climat humide et cependant assez sain en général; la culture y est très-active et la fertilité extraordinaire. Un grand nombre de rivières et de canaux sillonnent ce pays, et facilitent les transports. Parmi les premières, on remarque l'Escaut, la Lys, la Dender, la Drume, l'Yser; parmi les canaux, ceux de Gand à Bruges, de Bruges à Ostende, de Dunkerque, de Furnes, de Nieuport, de Loo, etc.