Page:Bouillet - Chassang - Dictionnaire universel d'histoire-geo - 1878 - P1 - A-G.djvu/750

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


aristocratique en 1782. Prise par les Français en 1798, Genève devint, sous l'Empire, le ch.-l. du dép. du Léman; elle fut agrégée à la Suisse en 1815. Elle a été ensanglantée en 1840 par une guerre civile qui a eu pour résultat de donner à ses institutions un caractère plus démocratique. — Genève a produit une foule d'hommes illustres : Casaubon, Leclerc, Lefort, J. J. Rousseau, Bonnet, Huber, Deluc. Saussure, Lesage, Pictet, De Candolle, Sismondi, Necker, Tœpffer, etc.

GENÈVE (canton de), le 22e de la Confédération suisse, entre le cant. de Vaud au N., la France au N. O., la Savoie au S. et à l'E.; 28 k. sur 9; 64 000 h. dont 38 000 Calvinistes. Il a été formé de l'anc. république de Genève, plus quelques districts de la Savoie et du pays de Gex. Il possède, outre Genève, deux villes, Versoy et Carouge, et a deux enclaves dans le canton de Vaud. Le lac Léman, dit aussi lac de Genève, occupe une grande partie de son territoire, qui est arrosé en outre par le Rhône et l'Arve. On y parle français. — Ce cant. n'a été admis dans la Confédération qu'en 1815 (V. GENÈVE). Le pouvoir législatif est exercé par un Grand Conseil, renouvelé tous les deux ans; le pouvoir exécutif et administratif, par un Conseil d'État de 7 membres élus pour deux ans. Tous les citoyens âgés de 21 ans jouissent des droits politiques.

GENÈVE (lac de) ou lac LÉMAN, Lemanus lacus, lac situé au S. O. de la Suisse, entre le cant. de Vaud, le Valais et la Savoie, a 70 kil. de long sur 14 de large et est traversé par le Rhône; ses eaux nourrissent des poissons exquis ; ses côtes offrent des sites délicieux (entre autres celui de Meillerie). Ce lac est exposé à des crues subites et quelquefois même à des tempêtes; néanmoins la navigation y est fort active; et il est sillonné par de nombreux bateaux à vapeur. Sa plus grande profondeur est de 308 mètres.

GENEVIÈVE (Ste), Genovefa, patronne de Paris, née à Nanterre près de Paris vers 419 ou 422, morte on 512, n'était, selon l'opinion commune, qu'une simple bergère. Sur le conseil de S. Germain d'Auxerre, elle se consacra à Dieu. Après la mort de ses parents, elle vint demeurer à Paris chez sa marraine, et y mena une vie toute de piété et d'abstinence. Selon une tradition, lors de l'invasion d'Attila dans les Gaules (451), les Parisiens effrayés voulaient abandonner leur ville : Geneviève les retint en leur prédisant que Paris serait épargné, et sa prédiction s'accomplit. A une autre époque elle procura des vivres aux Parisiens affligés d'une disette. A sa prière, Clovis fit bâtir au sommet de Paris en l'honneur de S. Pierre et S. Paul l'église qui a reçu depuis le nom de la sainte elle-même (au haut de la mont, de Ste-Geneviève). L’Église l'honore le 3 janvier, jour de sa mort. Ses reliques étaient exposées à la vénération des fidèles dans l'église qui lui avait été consacrée; après la destruction de cette église, elles l'ont été dans celle de St-Étienne-du-Mont; depuis 1852, elles ont été transférées dans la magnifique basilique, à laquelle son nom a été rendu (l'ancien Panthéon). Une neuvaine, commençant le 3 janvier, jour de sa fête, y attire une foule considérable.

GENEVIÈVE DE BRABANT, fille d'un duc de Brabant, épousa, vers l'an 710, Siffrid ou Siffroy, châtelain de Hohen-Simmeren, au pays de Trêves, et fut accusée d'adultère auprès de son mari par l'intendant Golo, qui avait en vain essayé de la séduire. Siffroy, alors absent, ordonna de la faire périr, ainsi qu'un enfant qu'elle venait de mettre au monde, et dont elle était enceinte au départ de son époux sans que celui-ci le sût. Les hommes chargés d'exécuter cet ordre barbare ne purent se résoudre à l'accomplir, et abandonnèrent la mère avec l'enfant dans une forêt, où, selon la légende, une biche les nourrit de son lait pendant six ans. Au bout de ce temps (737), Siffroy retrouva fortuitement son épouse dans une chasse où il poursuivait la biche nourricière; il reconnut l'innocence de Geneviève, lui rendit tous ses honneurs, et fit mettre à mort le perfide Golo. Geneviève fit bâtir à l'endroit même où elle avait été retrouvée une chapelle dédiée à la vierge, la chapelle de Frauenkirchen, dont les ruines existent encore et attirent de nombreux pèlerins. Les Belges regardent Geneviève comme une sainte et l'honorent le 2 avril. Son aventure a fourni le sujet d'un grand nombre de légendes, romans, complaintes, drames et tragédies; les drames de La Chaussée, de Tieck et de Muller sont les plus, remarquables. Le P. Cerisiers a donné une Vie de cette sainte (1656),

GENÉVOIS (comté, puis duché de), Gebennensis ducatus, anc. prov. des États sardes, dans le duché de Savoie, entre la prov. de Carouge au N. O., le Faucigny au N. E., la Savoie supérieure au S. E., la Savoie propre au S. O. ; ch.-l., Annecy. Ce pays appartint d'abord aux comtes de Genève (d'où le nom qu'il a retenu, quoique la ville de Genève n'en fasse nullement partie); il passa ensuite à Humbert et Othon de Villars, puis à la maison de Savoie qui l'aliéna en 1564, l'érigeant en apanage avec titre de duché. Le Genévois, fut de nouveau incorporé à la Savoie en 1659. De 1792 à 1815, il fut compris dans l'empire français et fit partie du dép. du Mont-Blanc. Réuni aux États sardes en 1815, il fut annexé à la France avec le reste de la Savoie. en 1860 : il fait auj. partie du dép. de lit. Haute-Savoie.

GENÉVOIS (Charles-Félix, duc de), depuis roi de Sardaigne. V. CHARLES-FÉLIX.

GENÈVRE (mont), Janus mons, mont. des Alpes-Cottiennes, sur la limite, de la France et des États sardes, dans le dép. des H.-Alpes; hauteur, 3686m. La Durance et la Doire Ripaire y ont leurs sources. Quelques-uns croient que c'est sur ce point qu'Annibal franchit les Alpes. Les Français ont rendu en 1802 la route par le mont Genèvre plus praticable : un obélisque, élevé en 1807, consacre ce souvenir.

GENGIS-KHAN, c. à d. le puissant Khan, célèbre prince mongol, né en 1155 ou 1162, mort en 1227, s'appelait Témudgin et était d'abord simple chef d'une horde mongole, tributaire des Tartares Khitans, qui étaient alors maîtres de la Tartarie orientale. En peu d'années, il agrandit prodigieusement son faible héritage. S'étant fait proclamer en 1206 souverain de tous les Mongols, il conquit le pays des Tartares Oïgours (1209) et la Chine septentrionale (1213); soumit la Corée (1219), la Transoxane (1221), le Khoraçan et l'Irak-Adjémy (1222), le Kharism et plusieurs provinces de la Perse orientale, le Kandahar et le Moultan (1224), et enfin une partie de la Russie méridionale. Il était alors maître d'un territoire qui s'étendait de la mer Noire à la mer de Chine. En mourant, il partagea ces vastes États entre ses quatre fils, qui lui avaient servi de lieutenants dans ses conquêtes : Batu-Khan, fils de Touchi-Khan, l'aîné, eut le Kaptchak et la Russie mérid. ; Djagataï, le Turkestan et l'Asie centrale; Mangou, la Perse; et Oktaï-Khan, la Chine. Gengis-Khan se montra souvent conquérant inhumain et barbare : les villes de Bokara, de Samarcand, de Ferganah, de Balk furent détruites par ses ordres, et une foule de monuments des arts et des lettres furent anéantis dans Pékin; cependant, il donna à ses sujets un codé de lois, qui est encore en vigueur en Tartarie.

GÉNIE, Genius, chez les Romains, Dæmon chez les Grecs, dieu subalterne, espèce d'ange gardien, qui, dans les croyances des Grecs et des Romains, s'attachait à chaque homme dès sa naissance et présidait à toute sa vie. Chacun lui offrait, au jour natal, du vin, de l'encens, des fleurs, jamais de victimes sanglantes; ce qu'on pouvait faire de plus agréable pour lui était de travailler à son propre bien-être : aussi les Romains disaient-ils genio indulgere (satisfaire son génie) pour s'abandonner au plaisir. On croyait que les génies se manifestaient quelquefois sous la forme de serpents. — Au moyen âge on admettait des génies propres à chacun des 4 éléments : les Sylphes, pour l'air; les Gnomes, pour