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est composée, 1765. Cette découverte a donné lieu à l'établissement de la manufacture de Sèvres.

GUEUDEVILLE (Nic.), écrivain, né à Rouen vers 1650, m. en 1720, était entré chez les Bénédictins, mais fut forcé de quitter son couvent à cause de la licence de ses opinions. Il s'enfuit en Hollande, y embrassa le Protestantisme, s'y maria, et y publia, à partir de 1699, l'Esprit des cours de l'Europe, feuille qui fut supprimée comme contenant des offenses contre le gouvernement français, mais qu'il fit revivre presque aussitôt sous le titre de Nouvelles des cours de l'Europe. Il mourut dans l'indigence à La Haye. On a de lui une Critique du Télémaque, Cologne, 1700; le grand Théâtre historique, traduit de Imhof, Leyde, 1703-5, 5 vol. in-f.; Atlas historique, avec un Supplément, Amst., 1713-21, 7 vol. in-f.; des traductions de Plaute, d’Érasme, de Corn. Agrippa, de Th. Morus, etc., qui sont peu estimées.

GUEUGNON, ch.-l. de cant. (Saône-et-Loire), sur l'Arroux, à 34 k. N. O. de Charolles ; 1800 h. Forges.

GUEULETTE (Th. Simon), littérateur, né à Paris en 1683, mort en 1766. On a de lui : les Soirées bretonnes, contes de fées, 1712; les Mille et un quarts d'heure, contes tartares, 1723; les Aventures merveilleuses du mandarin Fumhoun, contes chinois, 1723; les Sultanes de Guzarate, contes mongols, 1732; les Mille et une heures, contes péruviens, 1733, plusieurs pièces représentées au Théâtre-Italien, et des éditions de Rabelais, de Montaigne, de l’Histoire du petit Jehan de Saintré, d'A. Lasalle.

GUEUX, nom que prirent les partisans de la révolution qui au XVIe siècle détacha de la couronne d'Espagne plusieurs provinces des Pays-Bas. Trois cents députés du parti calviniste, ayant à leur tête H. de Brederode, issu des comtes de Hollande, et Louis, comte de Nassau, étaient venus en 1566 réclamer de la gouvernante Marguerite de Parme l'abolition de l'inquisition ; celle-ci se montrant effrayée de cette démonstration, le comte de Barleymont, son conseiller, la rassura en lui disant : Ce ne sont que des gueux, faisant allusion à la simplicité de leurs vêtements. Ce mot imprudent ayant été entendu devint le mot d'ordre d'une révolution : les insurgés se firent honneur du nom de Gueux, et prirent pour armes l'écuelle et la besace. On distinguait les Gueux des bois, qui combattaient sur terre, et les Gueux de mer, qui avaient cherché un refuge sur la mer. — Les exploits des Gueux ont été chantés au XVIIe siècle par Onno de Haren, descendant d'Adam de Haren, un de leurs principaux chefs.

GUEVARA (Ant.), écrivain espagnol, né vers 1480, dans l'Alava, m. en 1545, entra dans l'ordre des Franciscains, devint prédicateur et historiographe de Charles-Quint, puis évêque de Cadix et de Mondonedo. On a de lui, outre des Sermons, un ouvrage intitulé : Marco Aurelio (Valladolid, 1529), traduit en 1531 par Berthault de Lagrise sous le titre de Livre doré de Marc-Aurèle, et en 1555 par Herberay des Essars sous le titre d’Horloge des Princes : c'est une espèce de roman moral analogue à la Cyropédie, dans lequel l'auteur trace la vie du prince le plus parfait de l'antiquité, pour l'offrir en modèle à Charles-Quint; c'est de cet ouvrage (l. III. ch. III) que La Fontaine a tiré le fond du discours qu'il prête au paysan du Danube. On a aussi publié de lui Encomium vitæ rusticæ et un Recueil de Lettres, Valladolid, 1539, qui contient l'histoire de la révolte des Communeros en 1522, et qui a été traduit en français sous le titre d’Épîtres dorées. Comme écrivain, on loue sa pureté; comme historien, on suspecte sa véracité : Heumann l'appelle Mendacissimus.

GUEVARA (L. VELEZ de), écrivain espagnol, surnommé le Scarron de son pays, né en 1574 à Ecija, mort en 1644, exerçait la profession d'avocat, et faisait souvent rire les juges sur leur siège par ses plaidoiries spirituelles. Il composa plus de 400 comédies, pleines d'esprit et de gaieté, mais perdues pour la plupart; des romans de mœurs, dont le plus célèbre est le Diable boiteux (Diablo cojuelo), Madrid, 1648, si heureusement imité par Lésage.

GUGLIELMI (P.), compositeur, né en 1727 à Massa-Carrara, mort à Rome en 1804, obtint les plus grands succès sur les théâtres d'Italie, de Vienne, de Londres; partagea la faveur du public avec Paisiello et Cimarosa, et fut nommé en 1793 par Pie VI maître de chapelle de St-Pierre. On estime surtout, parmi ses opéras sérieux, Artaserse, la Clemenza di Tito, la Didone, Enea; et parmi ses opéras bouffons, la Virtuosa in Margellina, le Due Gemelle, la Bella Piscatrice. Il a aussi laissé de la musique de chambre et d'église : on admire son oratorio de Debora. Ce maître se distingue par la pureté, la simplicité, la clarté et par l'unité dans la pensée.

GUI ou GUY (S.), Vitus, martyr au IIIe s., subit le supplice en Lucanie avec S. Modeste et Ste Crescence. L’Église l'honore le 15 juin. — Un autre S. Gui, surnommé le Pauvre d'Anderlecht, d'un village du Brabant, vivait au XIe siècle et était simple bedeau de la cure de Laeken près de Bruxelles. Il se signala par sa piété et son humilité et mérita d'être canonisé. On l'honore le 12 septembre.

GUI ou GUIDO, nom de plusieurs ducs Carlovingiens de Spolète. Le 1er de ce nom régnait vers 843. — Gui III, fils de Gui II et d'Adélaïde, fille de Pépin, roi d'Italie, tenta, mais inutilement, de se faire nommer roi de France lors de la déposition de Charles le Gros (887), mais il réussit à enlever la couronne d'Italie à Bérenger, duc de Frioul, et se fit couronner empereur à Pavie par Étienne V en 889. Il mourut en 894, au moment où il allait combattre à la fois Bérenger et Arnoul, roi de Germanie.

GUI, duc de Toscane, fils et successeur d'Adalbert II, monta sur le trône en 917, épousa là célèbre Marosie, alors toute puissante à Rome, aida son frère utérin Hugues à se faire nommer roi d'Italie, 928, étendit sa puissance dans l'Italie méridionale, fit assassiner le pape Jean X, qui gênait son ambition, et mourut lui-même peu après, en 929.

GUI DE LUSIGNAN, roi de Jérusalem. V. LUSIGNAN.

GUI L'ARÉTIN, Guido d'Arezzo, moine bénédictin de l'abbaye de Pomposa, au duché de Ferrare, né à Arezzo vers 990, mort à une époque inconnue, enseignait la musique dans son couvent. Il a été longtemps regardé comme l'auteur de la gamme, ainsi que du système de solmisation encore suivi auj. On a reconnu récemment que l'invention ne lui appartenait pas ; mais il est vrai qu'il simplifia la méthode d'enseignement et qu'il fit le 1er usage des syllabes ut, , mi, fa, sol, la, comme signes musicaux. C'étaient les syllabes initiales d'autant de vers d'une hymne. Guy a laissé quelques écrits qui ont été réunis et publiés par l'abbé Gerbert dans la collection Scriptores ecclesiastici de musica sacra, 1784, 3 vol. in-fol.

GUI-PAPE, en latin Guido-Papæ, jurisconsulte du XVe siècle, né vers 1402 à St-Symphorien d'Ozon, professa le droit à Lyon et à Grenoble, devint conseiller au parlement du Dauphiné, et mourut vers 1477, après avoir rempli diverses missions pour le roi Louis XI. Son ouvrage le plus important est intitulé: Decisiones Gratianopolitanæ, Grenoble, 1490. Chorier en a donné un abrégé en français sous le titre de Jurisprudence de Gui-Pape, avec une Vie de l'auteur, Grenoble, 1692.

GUIBAUD (Eustache), oratorien, parent de Massillon, né à Hyères en 1711, mort en 1794, professa les humanités à Marseille et à Lyon, fut inquiété comme janséniste, et se retira dans une maison de son ordre à Marseille. Il a publié une Explication du Nouveau Testament', à l'usage des colléges, Paris, 1785, 8 vol. in-8; une Morale en action, à l'imitation de celle de Béranger, Lyon, 1797, et a travaillé au Dictionnaire historique de l'abbé Barral.

GUIBERT, antipape, était archevêque de Ravenne, lorsque, par la protection de l'empereur Henri IV, il fut élevé, en 1080, sur le siège pontifical à la place de Grégoire VII : il prit le nom de Clément III.