Page:Bouillet - Chassang - Dictionnaire universel d'histoire-geo - 1878 - P1 - A-G.djvu/97

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ANTIGONE DE CARYSTE, naturaliste et polygraphe grec du IIIe siècle av. J.-C., avait écrit des Vies d'écrivains célèbres et une Histoire des animaux, qui sont perdues; il reste de lui un Recueil d'histoires merveilleuses, que Beckmann a publié à Leipsick, 1791, in-4.

ANTIGONIA. Plusieurs v. anciennes ont porté ce nom : la plus célèbre était en Syrie sur l'Oronte. Antigone I la fonda; Séleucus la détruisit et en transporta les habitants à Séleucie.

ANTILIBAN (c.-à-d. vis-à-vis du Liban), chaîne orientale du Liban, entre les pachaliks d'Acre et de Damas. La vallée qui la sépare du Liban, longue d'env. 160 k., s'appelait autrefois Cœlé-Syrie, c.-à-d. Syrie creuse; elle est auj. habitée par les Druses.

ANTILLES, archipel de l'Amérique, entre 61° 30' et 87° 20' de long. O., s'étend en ligne courbe entre les deux Amériques, de l'entrée du golfe du Mexique au golfe de Maracaïbo, et se divise en Grandes Antilles et Petites Antilles; celles-ci se subdivisent à leur tour en Antilles du Vent (Insulæ ad ventum, c.-à-d. exposées à l'action directe des vents alisés), et Antilles sous le Vent (Insulæ infra ventum, qui ne reçoivent le vent qu'après les premières) ; on y joint quelquefois les Lucayes. Les Grandes Antilles sont Cuba, Haïti, la Jamaïque et Porto-Rico. Les Petites Antilles du Vent sont St-Thomas St-Jean, les Vierges, Ste-Croix, St-Martin, l'Anguille, St-Barthélemy, St-Eustache, St-Christophe, Nevis, la Barnoude, Antigoa, Monserrat, la Guadeloupe, les Saintes, Marie-Galante, la Désirade, la Dominique, la Martinique, Ste-Lucie, St-Vincent, la Barbade, Grenade et les Grenadilles. Les Petites Antilles sous le Vent sont Tabago, la Trinité, Blanquille, Ste-Marguerite, la Tortue, les Rocs, Bonair, Curaçao, Aruba. Climat brûlant et d'une fertilité extrême; Deux saisons, la sèche et la pluvieuse (celle-ci dure trois mois); ouragans épouvantables, fièvre jaune. Les habitants sont des Européens et des créoles, des nègres (esclaves ou libres), des métis ou gens de couleur (mulâtres, quarterons. etc.); c'est aux Antilles que la distinction des classes d'après la peau est dans toute sa force. — Ces îles furent vues immédiatement après les Lucayes par Christophe Colomb en 1492. Le nom qui leur fut donné vient d'une île imaginaire d’Antilia que l'on disait exister à l'O. des Açores : on crut que c'était cette île que Colomb avait retrouvée.

ANTILLES ANGLAISES : la Jamaïque, Antigoa, St-Christophe, Monserrat, Nevis, la Barboude, l'Anguille, la Dominique, Ste-Lucie, St-Vincent, Grenade et les Grenadilles, la Barbade, Tabago, la Trinité.

ANT. DANOISES : Ste-Croix, St-Thomas, St-Jean.

ANTILLES ESPAGNOLES : Cuba, Porto-Rico, Pinos; et jadis la partie E. de Haïti (environ les deux tiers).

ANTILLES FRANÇAISES : la Guadeloupe, la Martinique, Marie-Galante, la Désirade, la Petite-Terre, les Saintes, partie de St-Martin (et jadis la partie O. de Haïti).

ANTILLES HOLLANDAISES : Curaçao, St-Eustache et partie de St-Martin.

ANTILLES SUÉDOISES : une seule, St-Barthélemy.

ANTILLES (mer des) ou MER DES CARAÏBES, partie de l'Océan Atlantique comprise entre les Antilles et le continent américain, s'étend du canal de Cordova (entre le Honduras et la pointe O. de Cuba) jusqu'au golfe de Paria, et baigne au N. et à l'E. les Antilles, au S. le Vénézuela et le Caracas.

ANTIMAQUE, poëte épique grec du temps des guerres médiques, naquit à Claros et séjourna à Colophon. Ses œuvres, qui eurent beaucoup de réputation, et parmi lesquelles on remarquait un poème de la Thébaïde, sont auj. perdues. On en possède seulement quelques fragments, publiés dans la collection Didot, à la fin d'Hésiode, et séparément par Schellenberg, Hall, 1786, et Stoll, Dillenbourg, 1845.

ANTIN, seigneurie du Bigorre (H.-Pyrénées), appartenant à la famille de Gondrin, fut érigée en marquisat en 1612, puis en duché, 1711.

ANTIN (L. DE PARDAILLAN DE GONDRIN, duc d'), seul fils de M. et Mme de Montespan, né à Paris en 1665, mort en 1736, fut d'abord menin de monseigneur et devint lieutenant général et gouverneur de l'Alsace. Il se fit remarquer à la cour de Louis XIV par son adresse à flatter et à prévenir tous ses désirs. Le roi, qu'il recevait à Petit-Bourg, ayant critiqué une allée d'arbres qui masquait la vue de la rivière, le duc la fit abattre en une nuit. Un massif du bois de Fontainebleau ayant déplu à Louis XIV, il en fit scier tous les arbres pendant la nuit, et le lendemain, à un signal donné, tous les pieds d'arbres tombèrent comme par enchantement sous les yeux du roi. Il a laissé des Mémoires, encore inédits.

ANTINOÉ OU ANTINOOPOLIS, primitivement Besa, auj. Enseneh, v. d’Égypte, entre l'Heptanomide et la Thébaïde, sur le Nil, vis-à-vis d'Hermopolis-la-Grande, fut ainsi nommée en mémoire d'Antinoüs qui y périt, et auquel Adrien y fit élever un temple.

ANTINOMIENS, sectaires. V. AGRICOLA (Jean).

ANTINOÜS, habitant d'Ithaque, un des amants de Pénélope, excita ses compagnons à se défaire de Télémaque, et maltraita Ulysse quand ce prince se présenta, sous l'habit d'un mendiant, à la porte de son palais. Celui-ci le tua à coups de flèches.

ANTINOUS, jeune Bithynien d'une grande beauté, fut l'esclave et le favori de l'empereur Adrien, qu'il accompagna dans ses voyages. Étant en Égypte avec ce prince, il se noya dans le Nil (132 de J.-C.); son maître, inconsolable de cette perte, fit élever un temple en son honneur, donna son nom à plusieurs villes, et multiplia son image par des statues et des médailles, dont quelques-unes subsistent encore.

ANTIOCHE, Antiochia ad Daphnen, l’Antakieh des Turcs, v. de la Turquie d'Asie (Syrie), sur l'Oronte, à 100 kil. O. d'Alep, à 30 kil. de la Méditerranée; 10 000 hab., dont 3000 Chrétiens. Elle occupe à peine la 6e partie de l'anc. enceinte et offre de nombreuses ruines. Antioche comprenait l'antique village de Daphné, ainsi nommé par les Grecs à cause de ses bosquets de lauriers (daphné en grec), et possédait un temple célèbre d'Apollon. — Fondée en 300 av. J.-C. par Antiochus, achevée par Séleucus, qui l'appela Antioche en l'honneur de son père Antiochos, elle fut longtemps la capitale des Séleucides, et devint la 3e v. de l'empire romain; elle compta jusqu'à 700 000 h. On la surnommait la Reine de l'Orient. Conquise par les Romains en 64 av. J.-C., elle tomba successivement au pouvoir des Perses, qui pourtant la rendirent à l'empire byzantin; des Arabes, après la victoire d'Antioche remportée par Omar (638); des Croisés, qui l'érigèrent en principauté au XIe siècle ; des Mamelouks au XIIIe, et fut prise par les Turcs, en 1516. Sa ruine fut hâtée par des tremblements de terre dont le plus terrible eut lieu en 526. Antioche est une des premières villes où ait été prêché le Christianisme : il y fut porté par les Apôtres mêmes. Elle avait un patriarchat, dont l'autorité s'étendait sur toute la Syrie et la Mésopotamie. Il s'y tint plusieurs conciles. Patrie d'Archias, S. Luc, S. Jean Chrysostôme.

ANTIOCHE (Principauté d'), un des quatre États chrétiens fondés pendant la lre croisade (1098), eut pour 1er souverain Boëmond de Tarente (1098-1108), puis fut réunie 8 ans au roy. de Jérusalem par Baudouin II, qui la remit en 1126 à Boëmond II; après la mort de celui-ci, en 1131, elle passa par les femmes dans diverses maisons. Bibars, soudan d'Égypte, s'en empara en 1269, Kélaoun en 1288. Les Turcs la prirent en 1516 et ils la possèdent encore aujourd'hui.

ANTIOCHIA, nom commun à plusieurs v. anciennes, dont les plus célèbres sont : 1° l’Antioche ou Antakieh actuelle; 2° Antiochia ad Cragum, auj. Antiochette, à 140 k. S. de Konieh; 3° Antiochia ad Taurum, auj. Ain-Tab; 4° Antiochia ad Pisidiam, dite aussi Cæsarea, auj. Ak Cheher, sur la frontière de la Pisidie et de la Phrygie; 5° Antiochia Mygdoniæ ou Nisibis, en Mésopotamie, auj. Nisibin; 6° A. Margiana, capit. de la Margiane, sur le Margus.