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nerie de sucre, eaux-de-vie, brasseries; tannerie, papeterie, poterie. Commerce de pruneaux, légumes et fruits secs; vins, melons, chanvre, anis, coriandre, angélique; miel, cire, huile de noix. Fer, acier, meules et pierres de taille. Éducation de bestiaux, vers à soie et abeilles. — Ce dép. se divise en 3 arrond. (Tours, Loches et Chinon), 24 cant. et 281 comm. Il appartient à la 18e division militaire, à la cour impériale d'Orléans et à l'archevêché de Tours.

INDRE (BASSE-), petit port de France (Loire-Inf.), à 19 kil. O. de Nantes; 3655 hab. Station. Forges à l'anglaise pour l'affinage du fer.

INDRET, île de la Loire (Loire-Inf.), à 12 kil. O. de Nantes ; 2000 hab. Vaste établissement de la marine impériale pour la confection des machines et des vaisseaux à vapeur. Jadis fonderie de canons, fondée en 1778 et qui a été transférée à Brest en 1828.

INDUCIOMAR, chef des Gaulois Treviri, fut après une résistance héroïque, vaincu et tué par Labiénus, lieutenant de César (G. des Gaules, liv. V).

INDULGENCES. On nomme ainsi la grâce que l’Église fait aux pénitents en leur remettant en tout ou en partie la peine temporelle due à leurs péchés : d'où l'on doit distinguer les indulgences partielles et les indulgences plénières; le pape seul accorde ces dernières. Tantôt on ne met d'autre condition à cette grâce (outre le repentir, qui est toujours exigé), qu'un jeûne, une prière ; tantôt on impose l'obligation de faire quelque œuvre pie, comme une aumône, un pèlerinage, la coopération à la construction d'une église, d'un hôpital, etc. Lorsque fut prêchée la 1re croisade, en 1095, le pape Urbain II accorda indulgence plénière à tous ceux qui prendraient les armes pour le recouvrement de la Terre-Sainte. Au XVIe s., Jules II et Léon X, ayant besoin de sommes considérables pour reconstruire la basilique de St-Pierre, firent publier des indulgences pour ceux qui contribueraient à cette œuvre pie. Luther s'éleva avec force contre cette mesure; bientôt il attaqua le dogme même des indulgences, et prit de là occasion pour prêcher la Réforme (1517). Le concile de Trente reconnut le droit d'accorder des indulgences, mais il en réprima l'abus.

INDUS, auj. le Sind, grand fleuve de l'Asie anc., sortait, suivant Arrien, des monts Paropamise, traversait le roy. d'Abissare, passait entre le roy. de Taxile à l'E. et le pays des Assacéniens et des Nyséens à l'O., puis, après avoir reçu l'Acésinès, grossi de l'Hydaspe, de l'Hydraote et de l'Hyphase (V. PANDJNAD), baignait le pays des Sogdes, la Prasiane, la Patalène, et tombait dans la mer Érythrée par plusieurs bouches formant un delta. En 512 av. J.-C., le Grec Scylax fut chargé par Darius de parcourir le bassin de l'Indus. En 325 Alexandre, après s'être embarqué sur l'Hyphase, fut porté jusqu'à l'Indus, et descendit ce fleuve jusqu'à la mer. V. SIND.

INDUSTRIA, v. de Ligurie, voisine de Bodincomagus, avec laquelle on l'a confondue à tort.

INÉBOLI, Ionopolis, v. de la Turquie d'Asie (Anatolie), sur la mer Noire, à 130 kil. O. de Sinope; 3500 hab. Construction de navires.

INÈS DE CASTRO, femme célèbre par sa beauté et ses malheurs, d'une famille illustre de Castille, était dame d'honneur de l'infante Constance lorsqu'elle inspira une violente passion au mari de cette princesse, don Pèdre, fils d'Alphonse IV, roi de Portugal. Don Pèdre en eut plusieurs enfants, et, après la mort de sa femme, il l'épousa en secret (1354). Le roi, instruit de cette union, voulut contraindre son fils à la rompre : n'ayant pu y réussir, il fit assassiner Inès, 1355. Lorsque don Pèdre fut monté sur le trône (1357), il vengea cette mort en faisant subir d'horribles supplices aux meurtriers d'Inès; puis, suivant une tradition fort contestée, il fit exhumer le corps de celle qu'il avait aimée, et la couronna solennellement (1361). La fin tragique d'Inès a fourni un bel épisode à l'auteur des Lusiades, et a été mise sur la scène par le poète portugais A. Ferreira, par Lamotte, Guiraud et plusieurs autres.

INFANT, titre que portent en Espagne et en Portugal les enfants puînés du roi. Il était déjà usité au Xe s. ; on le donnait alors à tous les enfants des grandes familles : les infants de Lara, de Carrion, etc.

INFANTADO, seigneurie de Castille, ainsi nommée parce qu'elle était jadis l'apanage des infants d'Espagne, se composait des villes d'Alcozès, Salmeron et Val-de-olivas. Elle fut donnée en 1469 à Diego Hurtado de Mendoza, marquis de Santillane, en récompense du soin avec lequel il avait gardé l'infante Jeanne. Elle fut érigée en duché en 1475, et passa ensuite par mariage dans la maison de Silva.

On connaît spécialement sous le nom de duc de l'Infantado un personnage qui a joué un rôle au commencement du siècle. Le duc, né en 1773, m. en 1841, fut longtemps l'ami et le confident du prince des Asturies (Ferdinand VII) et faillit en 1807 être condamné à mort pour avoir trempé dans la conspiration formée par ce prince contre son père. Il reconnut en 1808 le roi Joseph, mais il s'empressa de se tourner contre les Français après la capitulation de Baylen (1809). Nommé par Ferdinand VII, à son avènement, président du conseil de Castille, il présida en 1823 la régence établie par les Français et devint en 1824 chef du ministère ; mais il eut à lutter contre le parti apostolique : ne pouvant réaliser ses projets de réforme, il rentra dès 1826 dans la vie privée.

INFÉRIEURE (mer), Inferum mare, nom donné par les Romains à la mer Tyrrhénienne, par opposition à la mer Supérieure (mer Adriatique).

INGÆVONS, peuple germain. V. GERMANIE.

INGAUNES, Ingauni, peuplade ligure resserrée entre la Méditerranée et l'origine des Apennins, avait pour ch.-l. Albium Ingaunum (auj. Albenga), Vaincus par App. Claudius Pulcher en 185 av. J.-C., ils se révoltèrent en 181, mais furent réduits l'année suiv.

INGELBURGE, reine de France , fille de Valdemar I, roi de Danemark, épousa Philippe-Auguste en 1193; mais ce prince la répudia presque aussitôt pour épouser Agnès, fille du duc de Méranie. Innocent III condamna ce divorce et, en 1199, il mit la France en interdit jusqu'à ce que Philippe eût repris sa 1re femme; ce que ce prince fut forcé de faire en 1201. Il n'en eut point d'enfants. Après la mort de Philippe-Auguste, Ingelburge se retira à Corbeil, où elle mourut en 1236.

INGELHEIM, nom de 2 villes du grand-duché de Hesse-Darmstadt. L'une, dite Nieder-Ingelheim, est à 13 kil. O. de Mayence et à 2 kil. de la r. g. du Rhin; 1900 hab. Charlemagne y fit construire de 768 à 774 un palais dont on voit encore quelques ruines. Patrie du cosmographe Séb. Munster. — L'autre, dite Ober-Ingelheim, est située à 13 kil. S. O. de Mayence, entre cette ville et Worms : 2200 hab. Église très-ancienne, avec de beaux vitraux peints. Charlemagne y tint plusieurs diètes, dans l'une desquelles il déposa Tassillon, duc de Bavière (788). — V. GŒLHEIM.

INGELMUNSTER, v. de Belgique (Flandre occid.), à 13 kil. N. de Courtray; 5900 nab. Victoire des Français sur les Anglo-Hanovriens (10 mai 1794).

INGENA ou ABRINCATUI, v. de Gaule, auj. Avranches.

INGENHOUSZ (Jean), médecin et physicien, né à Bréda (Hollande) en 1730, m. en 1799, alla en Angleterre vers 1767 pour étudier la méthode d'inoculation; séjourna quelque temps à Vienne où il fut nommé médecin de la famille impériale, puis retourna en Angleterre, où il termina sa vie. On a de lui, outre divers ouvrages de médecine : Expériences sur les végétaux, en angl., 1779, trad. en franç. par l'auteur, Paris, 1780 ; de nombreux Mémoires, dans les Transactions philosophiques, qui roulent sur le magnétisme et l'électricité, sur les électrophores, sur l'emploi des plateaux de verre, etc. C'est lui qui découvrit que les végétaux, exposés à l'action de la lumière, dégagent de l'oxygène. Il expliquait par l'action de l'aimant les effets que produisait Mesmer.

INGENUUS (Decimus Lælius), un des généraux qui usurpèrent la pourpre sous Gallien, fut proclamé