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de l'Orient (1600). Chardin, qui la visita sous le règne d'Abbas II (1660), évaluait sa population à 600 000 h. Les Afghans s'emparèrent d'Ispahan en 1722, et en détruisirent les plus beaux édifices. Nadir-chah la reprit en 1729, mais il ne chercha point à la restaurer, Depuis ce temps, elle n'a fait que décliner jusqu'au règne de Feth-Ali-Chah, qui la releva vers 1798.

ISRAËL (de l'hébreu sara, combattre, el, Dieu), nom qui fut donné, selon la Bible, à Jacob, après sa lutte avec un ange (V. JACOB). De là ses descendants furent appelés Israélites. V. JUIFS.

ISRAËL (Roy. d'), un des deux roy. qui se formèrent en Judée après la mort de Salomon (962), était opposé au roy. de Juda. Il comprenait 10 tribus : Aser, Nephtali, Zabulon, Issachar, Manassé, Éphraïm, Dan, Siméon, Gad. Ruben; ou, en d'autres termes, la Galilée, la Samarie, la Pérée, et l'O. de la Judée propre. Sichem, Thirsa, enfin Samarie en furent successivement la capitale. Le roy. d'Israël dura 244 ans, de 962 à 718 av. J.-C. Infidèle au vrai Dieu, il fut sans cesse en guerre avec le roy. de Juda et avec les rois de Syrie et d'Assyrie. Il fut détruit par Salmanasar en 718. Ses rois se succédèrent dans l'ordre suivant :

Jéroboam I, 962-943 Joachas, 832
Nadab, 942 Joas, 817
Baasa, 919 Jéroboam II, 776
Éla, 918 Interrègne.
Zamri, 918 Zacharie, 767-766
Amri, 907 Sellum, 766
Achab, 888 Manahem, 754
Ochosias, 887 Phaceïa, 753
Joram, 876 Phacée, 726
Jéhu, 848 Osée, 718


ISRAÉLI (Isaac d'), littérateur anglais, né en 1766 à Enfield, près de Londres, m. en 1848. était d'une famille juive. Destiné au commerce. il préféra les lettres, écrivit dans le Gentleman's Magazine, dans le Quaterly Review, et se fit un nom comme critique. Parmi ses écrits, on estime surtout ses Curiosities of Literature, Londres, 1791-1823, 6 v. in-8 en partie trad. par Bertin, 1809, et ses Amenities of Literature, 1841. On a aussi de lui quelques ouvrages historiques, mais ils sont moins appréciés. Ses OEuvres ont été rassemblées en 1849 par son fils, Benj. d'Israéli (né en 1805), célèbre à la fois comme littérateur et comme homme politique.

ISRAÉLITES. V. ISRAËL et JUIFS.

ISSA, Lissa, île de l'Adriatique, sur les côtes delà Dalmatie, avait une ville de même nom. Menacée par Teuta, reine d'Illyrie, Issa se mit sous la protection romaine : de là la guerre de Rome contre l'Illyrie.

ISSACHAR (tribu d'), une des 12 divisions de la Palestine, avait au N. la tribu de Zabulon, au S. la demi-tribu O. de Manassé, et s'étendait de la mer au Jourdain. Jezraël en était la v. principale. Elle devait son nom à Issachar, 5e fils de Jacob et de Lia.

ISSÉDONS, peuple de Scythie, se divisait en 2 groupes qui habitaient, l'un la Sérique (Cachemire et Sirinagur), l'autre la Scythie au delà de l'Imaüs (Thibet).

ISSER, cours d'eau de l'Algérie (prov. d'Alger), coule du S. au N., et se jette dans la mer entre Alger et Dellys. Il donne son nom à la puissante tribu des Issers qui habite ses bords et qui a soutenu contre nos troupes de sanglants combats.

ISSIGEAC, ch.-l. de c. (Dordogne), à 20 kil. S. E. de Bergerac : 1000 hab.

ISSINGEAUX, v. de France. V. YSSINGEAUX.

ISSINIE, pays d'Afrique. V. ASSINIE.

ISSOIRE, Icciodurum, v. de France (Puy-de-Dôme). ch.-l. d'arr., à 50 kil. S. E. de Clermont-Ferrand, près du confluent de la Crouze et de l'Allier; 5700 hab. Trib. de 1re inst. et de commerce; collège. Belle église du XIe s. Ville petite et mal bâtie. Chaudronnerie, ustensiles de cuivre; commerce d'huile de noix, de chanvre et de vin. Patrie du cardinal Duprat. — Du temps des Romains, cette ville avait une école et un temple célèbres. Ravagée par les Vandales au Ve s., continuellement disputée par les comtes et les dauphins d'Auvergne Jusqu'en 1531, elle eut encore à soutenir deux siéges terribles en 1577 et 1590.

ISSOUDUN, Auxellodunum, v. de France (Indre), ch.-l. d'arrond., à 27 kil. N. E. de Châteauroux, sur la Théols et le chemin de fer dit Centre; 11 000 hab. Trib. de 1re inst. et de commerce; collège. Rues larges et régulièrement bâties. Fabriques de draps, bas, parchemins, huiles, laine et cuirs. Commerce de blé, vins, laine, bétail, fer et bois. Ruines d'un château fort. — Issoudun eut des seigneurs particuliers jusqu'en 1187 : les Anglais s'en emparèrent alors et la possédèrent jusqu'en 1220. Philippe-Auguste la réunit à la couronne. Issoudun souffrit d'une peste en 1497, et d'un incendie en 1651. Les Ligueurs s'emparèrent de cette ville ; mais les habitants les en chassèrent (1589). La révocation de l’Édit de Nantes lui enleva beaucoup d'habitants. Patrie du P. Berthier, du philologue Thurot, etc.

IS-SUR-TILLE. V. IS.

ISSUS, auj. Aiazzo, v. d'Asie-Mineure (Cilicie des plaines), sur la mer, au fond du golfe Issique, à l'angle N. E. de la Méditerranée, est célèbre par la victoire qu'Alexandre remporta dans les environs sur Darius, l'an 333 av. J.-C. Septime Sévère y défit Pescennius Niger, l'an 194 après J.-C.; Héraclius y battit Chosroës en 622.

ISSY, Issiacum, v. du dép. de la Seine, sur un coteau près de la r. g. de la Seine, au S. O. de Paris; 6700 hab. Maison ecclésiastique, succursale du séminaire de St-Sulpice. Maisons de campagne; fabrique de produits chimiques. Fort construit en 1842. — Il se tint à Issy en 1694 de célèbres conférences au sujet du quiétisme.

ISSY-L'ÉVÊQUE, ch.-l. de cant. (Saône-et-Loire), à 40 kil. S. O. d'Autun, sur la Somme ; 2000 hab. Anc. baronnie, appartenant aux évêques d'Autun.

ISTÆVONS, anc. peuple germain. V. GERMANIE.

ISTAKHAR, v. de Perse (Fars), sur un rocher, près du Bendemir, à 53 kil. N. E. de Chyraz. Patrie du cheikh Al Estakhry, qui parcourut en 951 le monde musulman, de l'Inde a l'Atlantique, et qui écrivit le Livre des Climats, publ. à Gotha en 1839, et trad. en allem. par Mordtmami, Hamb., 1845. Aux env., ruines de l'antique Persépolis.

ISTAMBOUL, nom turc de CONSTANTINOPLE.

ISTER, fleuve de l'Europe anc., auj. le Danube.

ISTHME DE CORINTHE ou DE MORÉE, DE PANAMA, DE SUEZ, etc. V. CORINTHE, PANAMA, SUEZ, etc.

ISTHMIQUES (Jeux), un des 4 jeux solennels que célébrait la Grèce dans l'antiquité, étaient ainsi nommés de l’isthme de Corinthe, où ils se tenaient. Ils furent d'abord institués par Sisyphe, au XIVe siècle av. J.-C., pour honorer la mémoire de Mélicerte (V. ce nom). Thésée les réorganisa et les consacra à Neptune. On les célébrait tous les 3, 4 ou 5 ans ; on y disputait le prix de la lutte, de la course, du saut, du disque, du javelot, de la musique et de la poésie. Les vainqueurs recevaient une guirlande de feuilles de pin. Ces jeux furent abolis l'an 130 de J.-C. sous Adrien.

ISTIB, Stobi, v. de la Turquie d'Europe (Roumélie), sur la Bagranitza, à 90 kil. N. E. de Monastir; 8000 hab. Château fort. Petits ouvrages en acier.

ISTRES, Ostrea, ch.-l. de c. (Bouches-du-Rhône), sur le canal de Craponne, à 49 kil. O. d'Aix : 3000 h. Huile d'olives, kermès. — Cette ville, fondée, dit-on, au commencement du VIIIe siècle, reçut son nom de la quantité d'huîtres fossiles qui composent les collines environnantes.

ISTRIE, Histria, prov. des États autrichiens (Illyrie), formant un cercle du gouvt de Trieste. se compose d'une péninsule située au fond de l'Adriatique et bornée au N. par le territoire de Trieste, le cercle de Goritz et la Carniole, à l'E. par la Croatie, la Dalmatie et le golfe de Quarnerolo, au S. et à l'O. par l'Adriatique : 135 kil. sur 100; 235 000 hab. ; ch.-l., Pisino; autres villes, Capo d'Istria, Rovigno, Pirano, Pola, etc. Climat malsain ; sol fertile : vin, huile, blé (en moindre quantité), miel et fruits. Mines de houille et d'{tiret|a|lun}}