Page:Bouillet - Chassang - Dictionnaire universel d'histoire-geo - 1878 - P2 - H-P.djvu/118

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née la Sicile se soulève contre le roi de Naples et proclame son indépendance; Naples, Florence, Turin, se font donner des constitutions; Rome s'érige en république ; Milan et Venise s'insurgent contre l'Autriche ; Parme et Modène chassent leurs ducs; le roi de Sardaigne, Charles-Albert, se met la tête du mouvement et tient quelque temps l'Autriche en échec; mais bientôt, affaibli par la discorde des siens, il est battu à Novare (23 mars 1849), et prend le parti d'abdiquer. Le précédent état de chose est aussitôt rétabli partout, si ce n'est que les États sardes conservent leur constitution et leur gouvt parlementaire. La tranquillité de l'Italie semblait assurée, lorsqu'en 1859 l'empereur d'Autriche envahit brusquement le Piémont. Repoussé par le roi de Sardaigne, au secours duquel était accouru l'empereur des Français, battu à Montebello, à Palestro, à Magenta et à Solferino, il perdit la Lombardie et vit expulser d'Italie tous les princes qui avaient embrassé sa cause. Après une vaine tentative de confédération, proposée dans les traités de Villafranca et de Zurich, et après la révolution opérée dans le roy. de Naples par le gen. Garibaldi, tous les États de l'Italie (sauf la Venétie, laissée à l'Autriche, et les États romains, où la France maintenait l'autorité du pape) s'unirent en 1860, et Victor-Emmanuel, déjà roi de Sardaigne, fut proclamé roi d'Italie (mars 1861). Le nouveau roy. s'augmenta 1° de la Vénétie, en 1866, à la suite d'une guerre où l'Italie s'allia à la Prusse contre l'Autriche; 2° des États romains en 1870, à la faveur de la guerre franco-allemande. — Sur l'histoire ancienne et moderne de l'Italie, on peut consulter Guichardin (continué par Botta), Cantù, Baibo, Zeller, Micali, Sismondi.

ITALIQUE (École), nom donné à l'école de Pythagore, parce que ce philosophe enseigna en Italie, surtout à Crotone (vers 540 av. J.-C). Cette école compte pour principaux disciples Ocellus, Timée, Archytas, Alcméon, Philolaüs; plus tard, Apollonius de Tyane tenta de la régénérer. Le caractère de l'école italique est de s'adonner surtout à la spéculation et à l'abstraction, de tout expliquer par les nombres et les rapports numériques; elle professait en outre la morale la plus austère. Elle se fondit dans le Platonisme.

ITALUS, fils de Télégone (que les uns font roi d'Arcadie, les autres fils d'Ulysse), passa en Italie peu d'années après la prise de Troie, régna sur les Œnotriens, et laissa son nom à toute la contrée.

ITALUS (Jean). V. JEAN ITALUS.

ITAPICURU, riv. du Brésil, naît dans la Serra-de-Maranhao, et tombe dans la baie de San-Jozé, au S. E. de l'île de Maranhao; cours, 680 kil.

ITARD (J. M. Gaspard), médecin de sourds-muets, né en 1775 à Oraison (Basses-Alpes), mort en 1836, fut, dès 1799, attaché par Sicard à l'institution des Sourds-muets, acquit dans le traitement des maladies de l'ouïe une habileté qui lui valut une réputation européenne, et consigna les résultats de sa longue pratique dans son Traité des maladies de l'oreille, 1821 et 1842. Il légua une rente de 8000 fr. à l'institution des Sourds-muets pour la création d'une classe de perfectionnement, et une autre rente de 1000 fr. à l'Académie de médecine, dont il était membre, pour la fondation d'un prix triennal en faveur du meilleur mémoire sur l'art de guérir.

ITCHIL, anc. pachalik de la Turquie d'Asie, entre ceux de Konieh, de Marach, d'Alep, l'Anatolie et la Méditerranée, se composait de la partie orientale de l'anc. Pamphylie et de presque toute la Cilicie. Il forme à peu près l'eyalet actuel d’Adana.

ITHAQUE, auj. Théaki, dite aussi Petite-Céphalonie, une des sept îles Ioniennes, entre Céphalonie et Ste-Maure: 58 kil. sur 8; 8000 hab. ; lieu principal, Vathi (port sur la côte S. E.). Les îlots Kalamo, Kastus et Méganisi dépendent d'Ithaque. Montagnes escarpées : blé en petite quantité, huile, bon vin, raisin de Corinthe (on on récolte annuellement 2 000 000 de kilog.); porcs, chèvres; beaucoup de poissons. — Ithaque formait jadis avec Dulichium la royaume d'Ulysse. On y reconnaît encore auj. plusieurs des sites décrits par Homère dans l’Odyssée. Quant à son histoire, cette île a subi toutes les vicissitudes des îles Ioniennes.

ITHOME, auj. Vorcano, mont. et forteresse de Messénie, au N. O. de Messène, La forteresse fut longtemps le théâtre de la résistance des Messéniens aux Lacédémoniens et fut enfin prise l'an 724 av. J.-C., ce qui mit fin à la 1re guerre de Messénie.

ITIROUP, dite aussi Ile des États, une des Kouriles, dans la mer d'Okhotsk; 250 kil. sur 70. Les Japonais y avaient formé un établissement que les Russes détruisirent en 1807.

ITIUS ou ICCIUS PORTUS, port de la Gaule (Belgique 2e), chez les Morini, sur le Frelum Gallicum, vis-à-vis de Dubris (Douvres), dans la Bretagne. On est incertain sur son emplacement : Walckenaer le place à Wissant; d'autres plus au S., à Ambleteuse, à Boulogne; d'autres enfin plus au N., à Calais ou même à Mardich. M. de Charnacé le place avec plus de probabilité à la Montoire, entre les villages de Zudkerke et de Nordkerque.

ITON, riv. de France, naît à 9 kil. N. de Mortagne, près de La Trappe (dép. de l'Orne), arrose Évreux, et tombe dans l'Eure près des Planches : cours, 110k. Dans un espace de 5 kil., de Villalet à Gaudreville, son cours est souterrain.

ITOUROUP, une des Kouriles. V. ITIROUP.

ITRI, Itrium, v. d'Italie, dans l'anc. royaume de Naples (Terre de Labour), à 10 kil. S. E. de Fondi; 5000 hab. Gonzalve de Cordoue battit les Français près de cette ville en 1503.

ITUNA, riv. de la Bretagne romaine, auj. l’Eden.

ITURBIDE (don Augustin), général mexicain, né en 1784 à Valladolid de Mechoacan (Mexique), d'une famille d'origine basque, combattit d'abord pour le gouvernement espagnol au Mexique et fut chargé du commandement en chef de l'armée du Nord (1816) ; mais, ayant été accusé de concussion, il donna sa démission, bien qu'il eût été absous par le vice-roi. En 1820, il se mit à la tête des Indépendants, prit Mexico, et à la suite de brillants succès, fit signer au vice-roi espagnol l'arrangement connu sous le nom de Plan d'Iguala (1821). Il se fit néanmoins proclamer empereur du Mexique en 1822, sous le nom d’Augustin I. Sa puissance fut de très-courte durée : tombé dès 1823, il se réfugia en Italie, puis à Londres. En 1824, il rentra incognito au Mexique dans l'espoir de ressaisir la couronne; mais il fut arrêté dès son arrivée et fusillé.

ITURÉE, Ituræa, région de Palestine, au N. E., vers les sources des affluents de l'Hiéromax, avait beaucoup de montagnes. Ses habitants étaient bons archers et vivaient surtout de brigandages. Elle fut soumise par Aristobule I, et donnée par Auguste à Hérode, qui la réunit à la Judée, et la laissa après sa mort à un de ses fils, Hérode-Philippe.

ITUZAINGO, lieu situé sur les confins du Brésil et de l'Uruguay. Il s'y livra, en 1828, entre l'armée brésilienne et la Confédération Argentine, une bataille qui assura l'indépendance de l'Uruguay.

ITYS, fils de Térée, roi de Thrace, et de Progné, fut tué par sa propre mère qui le fit apprêter et servir à Térée dans un festin, afin de se venger de ce prince qui lui avait fait infidélité (V. TÉRÉE). Itys fut métamorphosé en faisan.

ITZEHOE, ville du Holstein, ch.-l. de district, à 60 kil. S. O. de Kiel; 5600 hab. Siége des États dit Holstein. Commerce maritime important; bateaux à vapeur pour Hambourg.

IULE, fils d'Ascagne et petit-fils d’Énée, né à Lavinium, passait pour être la tige de la famille romaine des Julius, à laquelle appartenait César. Virgile donne le nom d'Iule à Ascagne lui-même.

IURUA, riv. de l'Amérique du S. V. JURUA.

IVAN ou JEAN I (Danilovitch) succéda en 1328 à Alexandre II dans les principautés de Vladimir, de