Page:Bouillet - Chassang - Dictionnaire universel d'histoire-geo - 1878 - P2 - H-P.djvu/516

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475), vainquit Glycérius, et se fit proclamer à sa place. Il acheta la paix d’Euric, roi des Visigoths en lui cédant l’Auvergne ; se laissa battre par le patrice Oreste, qui donna la pourpre à son propre fils Augustule, et s’enfuit dans la Dalmatie, sa patrie, où Glycérius le fit assassiner cinq ans après.

NÉPOS (CORNELIUS), V. CORNELIUS NÉPOS.

NÉPOTIEN, Flavius Popilius Nepotianus, neveu de Constantin, fut consul en 336, prit la pourpre en 350, vainquit Anicet, préfet du prétoire de Magnence, mais fut battu lui-même 23 jours après et mis à mort par Marcellin, autre général de l'usurpateur.

NEPTUNE, Neptunus, en grec Poséidon, dieu des mers, fils de Saturne et de Rhée, frère de Jupiter, de Pluton et de Junon, époux d'Amphitrite, aida Jupiter à détrôner Saturne, à combattre les Titans et reçut en partage l'empire de la mer. Dans la suite, il se ligua avec Apollon pour renverser Jupiter lui-même : ayant échoué, il fut dépouillé pour un an des attributs de la divinité, ainsi qu'Apollon, avec lequel il alla bâtir les murs de Troie pour Laomédon. Ce prince ayant refusé le salaire convenu, Neptune envoya un monstre marin ravager les côtes de ses États. C'est aussi Neptune qui suscita le monstre marin d'Andromède et celui qui causa la mort d'Hippolyte. Lors de la fondation d'Athènes, Neptune disputa à Minerve l'honneur de donner son nom à la ville : il produisit un cheval, symbole de la guerre, mais il fut vaincu par Minerve qui produisit l'olivier, symbole de la paix. Dans la guerre de Troie, il prit parti pour les Grecs. On donne à Neptune, entre autres fils, Pélias et Nélée, Phorcus et Polyphème, Otus et Éphialte, Bœotus et Hellen, Ogygès, etc. C'est aussi de lui qu'on fait naître le cheval Pégase et le bélier à toison d'or. Les anciens le représentent sur un char en forme de conque, que traînent des chevaux marins, entouré de tritons et de nymphes, et armé d'un trident. On doit à Éméric David de savantes Recherches sur Neptune, son culte et ses monuments, 1839.

NEPVEU (Pierre), architecte du XVIe s., né à Blois, travailla sous Charles VIII et Louis XII aux châteaux d'Amboise et de Blois, et construisit sous François I le château de Chambord, le plus beau monument de l'époque.

NEPVEU (le P. François), jésuite, né en 1639 à Saint-Malo, m. en 1708, professa avec succès dans plusieurs collèges de son ordre et fut recteur de celui de Rennes. Il a laissé plusieurs écrits ascétiques, aussi remarquables par le style que par la pureté de la doctrine, parmi lesquels on estime surtout l’Esprit du Christianisme, 1700.

NERA, riv. d'Italie. V. NAR.

NÉRAC, ch.-l. d'arr. (Lot-et-Garonne), sur la Baise, à 26 kil. S. O. d'Agen, 7283 hab. Trib. de 1re inst. et de commerce; église calviniste. Château gothique, halle, joli pont, belles promenades. Verrerie, toile, chanvre, lin, grains, vins, eaux-de-vie, pâtés en terrine renommés. — Bien que située dans le Condomois, Nérac était la capitale du duché d'Albret. Catherine de Médicis y tint en 1579, avec le roi de Navarre (depuis Henri IV), des conférences d'où sortit le traité de Fleix, qui étendait les concessions faites aux Calvinistes par le traité de Poitiers. Cette ville se révolta sous Louis XIII et fut prise par H. de Mayenne en 1621 : ses fortifications furent rasées.

NERBOUDDA ou REVA, fleuve de l'Inde en deçà du Gange, naît par 82° 4' long. E. et 22° 54' lat. N., coule à l'O., arrose les prov. de Gandouana, Kandeich, Malwa, Guzzerat; reçoit la Taoura, la Bam, la Kounde, et tombe dans le golfe de Cambaye à 32 kil. au-dessous de Barotche : cours, 1300 kil.

NERÉE, Nereus, dieu marin, fils d'Océan et de Téthys ou de Ghê (la Terre), épousa Doris et fut père des Néréides. Comme Protée, il avait le double don de changer souvent de forme et de prédire l'avenir. On le représentait vieux et avec la barbe couleur d'azur.

NÉRÉIDES, déités inférieures de la mer, filles de Nérée et de Doris, étaient au nombre de 50. Elles aidaient les marins en péril. On les représente jeunes, belles, parées d'algues et de coquillages, et groupées autour d'Amphitrite, au milieu des Tritons.

NÉRI (S. PHILIPPE), fondateur de la congrégation de l'Oratoire en Italie, né à Florence en 1515, m. en 1595, se rendit à Rome en 1533, y fit ses études théologiques, puis se consacra tout entier au service des malades et des pèlerins. Il établit à Rome en 1548 la confrérie de la Ste-Trinité, destinée à procurer des secours aux étrangers que la dévotion amène dans la capitale du monde chrétien, et fonda peu de temps après l'hospice des Pèlerins. Ayant reçu les ordres en 1551, il se chargea du soin d'instruire les enfants, s'associa dans ce but quelques jeunes ecclésiastiques, qui furent nommés Oratoriens, parce qu'ils se plaçaient devant l'église pour appeler le peuple à la prière; il en forma bientôt une congrégation, et leur donna des statuts qui furent approuvés par le pape Grégoire XIII en 1575. On a de lui des Lettres, Padoue, 1751, des poésies, et quelques écrits ascétiques. On l'honore le 26 mai. L'abbé Bayle a donné sa Vie, 1859.

NÉRI (Antoine), chimiste florentin du XVIe siècle, est un des premiers qui aient écrit sur l'art du verrier. Son Arte vitraria, poëme italien en 7 chants (Florence, 1612), a été traduit en latin, en anglais, en allemand et en français.

NÉRIGLISSOR, roi de Babylone (560-556 av. J.-C.), assassina son beau frère Evilmérodac et périt dans une bataille contre Cyrus. Plusieurs des monuments récemment découverts portent son nom.

NÉRIGON, nom ancien de la Norvège.

NÉRIS, Aquæ Neræ, bourg de France (Allier), à 8 kil. S. E. de Montluçon ; 2000 hab. Eaux thermales déjà renommées chez les Romains, qui y fondèrent une ville assez importante. Ces eaux, classées comme carbo-sulfatées, sont efficaces contre les maladies nerveuses et rhumatismales. Ruines aux environs, houille.

NÉRON (C. CLAUDIUS), général romain, lieutenant de Marcellus en 216 av. J.-C, fut envoyé en Espagne après la mort des deux Scipions (212), et laissa échapper Asdrubal enfermé dans le défilé des Pierres Noires; fut consul (207) avec Livius Salinator, son ennemi mortel, et, comme son collègue, oublia tout ressentiment personnel pour agir de concert avec lui contre les Carthaginois; défit Annibal près de Grumentum, puis, lui laissant croire qu'il était encore campé en face de lui en Lucanie, alla joindre son collègue et battit avec lui sur les bords du Métaure Asdrubal qui amenait des renforts à son frère. Asdrubal ayant été tué dans le combat, Néron retourna promptement en Lucanie et fit jeter la tête du général ennemi dans les retranchements carthaginois, apprenant ainsi à Annibal que tout espoir était perdu pour lui. Il fut nommé censeur six ans après.

NÉRON (Tib. CLAUDIUS), 1er mari de Livie et père de Tibère, servit sous César en qualité de questeur (47 av. J.-C.) ; prit parti, après la mort du dictateur, pour Brutus et Gassius; fut forcé de s'enfuir en Sicile, où les hauteurs du jeune Pompée le détachèrent du parti républicain, et revint bientôt à Rome. Octave s'étant épris de sa femme Livie, il consentit à la lui céder : devenu empereur, Octave adopta Tibère, fils de Tib. Néron, ainsi que l'enfant dont Livie était enceinte et qui fut nommé Drusus.

NÉRON, Domitius Claudius Nero, 5e empereur romain, né à Antium l'an 37 de J.-C., était fils de Domitius Ænorbarbus et d'Agrippine, la fille de Germanicus. Grâce aux intrigues de sa mère, devenue l'épouse de Claude, il fut adopté par ce prince, qui déshérita pour lui son fils Britannicus, le désigna pour son successeur, et lui donna la main de sa fille Octavie. Il eut pour précepteurs Burrhus et Sénèque. Il fut, à la mort de Claude, reconnu empereur (54). Dans les cinq premières années de son règne, il affecta ou montra beaucoup de douceur, et laissa sa mère régner sous son nom; mais bientôt il devint cruel et dé-