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auj. ch.-l. de province, à 250 k. N. E. de Lima, sur l'Huanuco. Jadis plus grande et bien peuplée; très-déchue auj. Ruines d'un palais des Incas et d'un temple du Soleil. — La prov. de H., entre celles de Truxillo et de Tanna, a 90 kil. sur 65 et env. 30 000 h.

HUARTE (Juan), philosophe espagnol, né en 1520 à St-Jean-Pied-de-Port dans la Basse-Navarre, mort vers 1590, exerça la médecine à Madrid. On a de lui, en espagnol : Examen des esprits propres aux sciences, Pampelune, 1575 (souvent réimprimé, traduit en franç. par G. Chappuis, Lyon, 1580, par d'Alibray, 1645, et d'Alquié, 1672). Il y indique à quels signes on peut reconnaître les dispositions naturelles, mais on y trouve des idées bizarres sur les moyens de procréer les sexes à volonté et de faire naître de grands talents. Cet écrit fut réfuté par J. Guibelet, Paris, 1631, et condamné à Rome.

HUASCAR, prince péruvien, eut, à la mort de son père Huana-Capac (1529), le roy. de Cusco en partage, tandis que son frère Atahualpa avait Quito. Mécontent de son lot, il marcha contre son frère, mais fut battu et emprisonné ; il sollicita alors l'appui des Espagnols : Atahualpa, en ayant été informé, le fit mettre à mort, 1533.

HUASCO, v. du Chili, à 40 kil. N. de Coquimbo, sur la riv. du Huasco. Port vaste, mais peu sûr. Florissante jadis, mais très déchue. Mines d'argent et de cuivre aux environs.

HUBER (Marie), théologienne protestante, aussi remarquable par sa beauté que par sa science et son esprit, née à Genève en 1695, morte en 1753, vécut dans une retraite austère, livrée tout entière à l'étude et à la pratique des bonnes œuvres. On a d'elle : État des âmes séparées du corps, 1731-39; le Monde fou préféré au monde sage, 1731 ; la Religion essentielle distinguée de ce qui n'en est que l'accessoire, 1738, ouvrages inspirés par une piété sincère, mais qui furent vivement attaqués par les ministres calvinistes parce qu'elle y défendait une doctrine analogue au dogme catholique du purgatoire.

HUBER (Jean), dessinateur et naturaliste, né à Genève en 1722, mort en 1790, était membre du conseil des Deux-Cents de sa ville natale. Il avait un talent singulier pour tracer des portraits en découpant du papier ; il apprit seul la peinture, et représenta avec bonheur plusieurs scènes de la vie privée de Voltaire, dans l'intimité duquel il avait vécu vingt ans. On lui doit de curieuses Observations sur le vol des oiseaux de proie, Genève, 1784.

HUBER (Franç.), naturaliste, fils du préc., né à Genève en 1750, mort à Lausanne en 1831, fut porté de bonne heure, par l'exemple de son père, à observer la nature, et étudia avec une patience admirable les mœurs des abeilles. Ayant perdu la vue jeune encore, il n'en continua pas moins ses recherches avec le secours de sa femme Aimée Lullin et de François Burnens son domestique. Il publia ses travaux et ses découvertes en 1792 sous le titre de : Nouvelles observations sur les abeilles, et sous la forme de lettres à Ch. Bonnet ; il en donna une édition plus complète en 1814. On lui doit aussi des recherches sur l'influence de l'air et des gaz par rapport à la germination. — Son fils, Pierre H., m. en 1841, a donné l’Histoire des mœurs des fourmis, 1810.

HUBER (Michel), littérateur, né en Bavière en 1727, mort à Leipsick en 1804, vint de bonne heure se fixer à Paris, puis alla enseigner le français à Leipsick. Il a traduit en français la plupart des ouvrages de Gessner, ainsi que plusieurs de ceux de Klopstock, Wieland, Gellert, Lessing, Winckelmann, Kleist, et a ainsi contribué à répandre en France le goût de la littérature allemande. On lui doit encore le Manuel des amateurs de l'art, précédé de l’Hist. de la peinture et de la gravure, 9 v. in-8, 1797-1808. — Son fils, L. Ferdinand, né à Paris en 1764, mort en 1804, dirigea longtemps l’Allgemeine-Zeitung, journal estimé qui paraissait à Ulm. Il avait épousé la fille de Heyne, Thérèse, née à Gœttingue, en 1764, morte à Augsbourg en 1829, à qui l'on doit une série de contes et de nouvelles qui eurent le plus grand succès, et qui, de 1819 à 1824, dirigea à Stuttgard le Morgenblatt. Ses écrits ont été réunis après sa mort par son fils sous le titre d’Œuvres complètes de Thérèse Huber, 6 vol., Leipsick, 1830-1833.

HUBERT (S.), évêque, né vers l'an 656, m. en 728 ou 730, était fils de Bertrand, duc d'Aquitaine, et issu de Clovis. Il vécut d'abord à la cour de Neustrie, la quitta en 674 pour fuir la tyrannie du maire Ébroin, et se réfugia auprès de Pépin d'Héristal, maire d'Austrasie, à la cour duquel il occupa un emploi éminent. Après avoir vécu dans les plaisirs et la dissipation, il se convertit, vers 683, se lia étroitement avec S. Lambert, évêque de Maastricht, lui succéda en 708, transporta son siège épiscopal à Liége, fit de nombreuses conversions et mérita le titre d’apôtre des Ardennes. On le fête le 3 novembre et le 30 mai. Il est le patron des chasseurs ; on accorde à ses reliques le pouvoir de guérir la rage. Son corps fut longtemps conservé dans la forêt des Ardennes, à l'abbaye d'Andain, qui a pris de lui le nom de St-Hubert (V. ce nom). Sa Vie a été écrite, en latin, par Jean Robert, Luxembourg, 1621.

HUBERT (ordre de ST-), ordre chevaleresque de Bavière, avait été créé dès 1444 par Girard V, duc de Berg-et-Juliers, afin de perpétuer le souvenir d'une victoire qu'il avait remportée le jour de la St-Hubert, et fut transporté en Bavière au XVIIIe s. par l'électeur Charles Théodore. Il ne compte que 12 chevaliers et un commandeur. L'insigne de l'ordre est une croix d'or à 8 pointes avec une image de S. Hubert au centre.

HUBERTSBOURG, vge du roy. de Saxe, à 40 k. E. de Leipsick. Vieux château. C'est là que fut conclu le 15 février 1763, entre la Prusse, l'Autriche et la Saxe, le traité de paix qui mit fin à la guerre de Sept ans : Marie-Thérèse renonça à, ses prétentions sur la Silésie et sur Glatz ; Frédéric II, de son côté, rendit l’électorat de Saxe au roi de Pologne.

HUBNER (Jean), géographe et historien, né en 1668 à Zittau dans la Haute-Lusace, mort en 1731, fut professeur de géographie à Leipsick, et recteur du Johanneum de Hambourg. On a de lui : Questions sur la géographie ancienne et moderne, Leips., 1693 ; Questions sur l'histoire politique, 1697 ; Géographie universelle, 1705, trad. par Duvernois, 1757 ; Tables généalogiques, 1708 et 1735 ; Bibliotheca historica Hamburgensis, 1715 ; Musæum geographicum, catalogue des meilleures cartes, publié par son fils, Hambourg, 1746. Il a aussi publié des Histoires bibliques, qui ont eu plus de cent éditions.

HUCQUELIERS, ch.-l. de c. (Pas-de-Calais); à 18 kil. N. E. de Montreuil ; 800 hab.

HUDDERSFIELD, v. d'Angleterre (York), à 54 kil. S. O. d'York, sur la Colne : 30 000 hab. Grand entrepôt du commerce des draps et lainages. Canal communiquant avec Ashton. —- On croit que c'était la station romaine appelée Cambodunum.

HUDIBRAS. V. BUTLER.

HUDSON (Henri), navigateur, fit plusieurs voyages pour le compte d'une compagnie de négociants anglais dans le but de découvrir un passage pour pénétrer en Amérique, soit par le nord-ouest, soit par le nord-est (au N. de l'Asie), découvrit dans l'Amérique septentrionale en 1609 et 1610 le grand fleuve qui porte son nom, puis le détroit et la grande bais auxquels son nom est également resté, enfin una autre baie, qu'il nomma baie de Saint-Michel, du jour où il l'avait reconnue. Les vivres étant venus à manquer, l'équipage se révolta, et le malheureux Hudson fut déposé, avec son fils et quelques matelots, sur une chaloupe et abandonné (1611); depuis on n'a plus entendu parler de ces infortunés. Les détails des expéditions de Hudson se trouvent dans le tome IV du recueil de Purchas, dans les Xe et XIe tomes des Petits voyages de Debry. Ses Voyages ont été réédités à Londres en 1860 par Asher.

HUDSON (John), philologue, né en 1662 à Wide-