Page:Bouillet - Chassang - Dictionnaire universel d'histoire-geo - 1878 - P2 - H-P.djvu/84

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un couvent de cette ville. Bijouterie, outils en fer. Grains, vin, chaux, alun, houille, etc. Aux env., eaux minérales, fer, chaux. Huy a beaucoup souffert d'une inondation en 1822 et d'un incendie en 1852.

HUYGHENS (Christian) de Zuylichem, savant hollandais, fils de Constantin Huyghens, ministre de Guillaume III, prince d'Orange, diplomate et homme de lettres distingué, naquit à La Haye en 1629, débuta en 1651 par des travaux de géométrie, découvrit en 1656, avec le secours d'objectifs qu'a avait construits lui-même, un satellite de Saturne et reconnut bientôt après l'anneau qui entoure cette planète. Il trouva la loi de la double réfraction, fit une foule d'autres découvertes d'une utilité toute pratique, appliqua le mouvement du pendule aux horloges (1657) et perfectionna le ressort spiral des montres (1675). Recherché par tous les princes de l'Europe, il visita la France, l'Angleterre, fut en 1665 appelé à Paris par Louis XIV, et nommé un des premiers membres de l'Académie des sciences, avec une pension considérable. Il composa à Paris plusieurs de ses principaux ouvrages, sa Dioptrique, son Traité de la percussion, un Discours sur la cause de la pesanteur, et l’Horologium oscillatorium (1673). Il retourna dans sa patrie à l'époque de la révocation de l'édit de Nantes (1685), y fit encore paraître plusieurs ouvrages, notamment un Traité de la Lumière (1690), où il expose la théorie des ondes lumineuses, dont la vérité est auj. admise, et mourut à La Haye en 1695. Il eut le tort, à la fin de sa vie, de ne pas reconnaître tout le mérite du système de Newton et du nouveau calcul inventé par Leibnitz. On lui reproche aussi de s'être laissé quelquefois aller à des hypothèses gratuites. Ses Œuvres ont été recueillies par S'Gravesande en 4 v. in-4, Leyde et Amsterdam, 1724-1728. Il a laissé des mémoires autobiographiques (De vita propria). Uylenbrœck a publié à La Haye en 1833 ses Lettres à Leibnitz et autres, tirées de la bibliothèque de Leyde, 2 v. in-4. Condorcet a prononcé son Éloge.

HUYOT (J. Nic.), architecte, né à Paris en 1780, m. en 1840, étudia l'architecture sous Peyre et la peinture sous David, remporta le grand prix d'architecture, fut envoyé en Italie, où il s'appliqua surtout à l'étude de l'archéologie, restaura le temple de la Fortune à Préneste, puis se rendit dans le Levant, visita l'Asie-Mineure, la Syrie, l’Égypte (où il traça en partie le plan du canal du Nil à Alexandrie), enfin la Grèce; revint en France avec de précieuses collections (1822), fut aussitôt nommé prof. d'histoire à l'École d'architecture et l'année suiv. membre de l'Académie des beaux-arts. Chargé de continuer les travaux de l'Arc de triomphe de la barrière de l'Étoile, commencés par Chalgrin, il eut la gloire d'achever cette grande œuvre (1838).

HUZARD (J. B.), vétérinaire, né à Paris en 1755, m. en 1839, étudia à l'école d'Alfort, récemment fondée, forma dans Paris un établissement de maréchalerie qui devint très-florissant, fut pendant 40 ans expert auprès des tribunaux, devint inspecteur général des écoles vétérinaires, et entra en 1795 à l'Institut. On lui doit le perfectionnement de plusieurs espèces de chevaux, de moutons, et plusieurs bons ouvrages ; c'est lui qui a rédigé la médecine vétérinaire dans l’Encyclopédie méthodique. Il avait formé une bibliothèque de 40 000 volumes sur son art.

HVEN ou HWEN, petite île du Sund, sur la côte S. O. de la Suède, à 24 kil. N. E. de Copenhague, a 8 kil. de tour. D'abord au Danemark, elle fut cédée on 1658 à la Suède. Tycho-Brahé, qui y résidait, y fit construire l'observatoire d'Uranienburg, auj. détruit.

HYACINTHE, jeune prince lacédémonien, d'une grande beauté, était fils d'Amyclas. Il fut, selon la Fable, aimé à la fois d'Apollon et de Zéphyre, et donna sa préférence au premier. Un jour qu'il jouait au disque avec le dieu du jour, Zéphyre, pour se venger, poussa le palet d'Apollon contre le front d'Hyacinthe, qui en mourut. Apollon, désespéré de sa perte, le métamorphosa en une fleur, qui prit de lui le nom d’hyacinthe, et grava sur les pétales de cette fleur les deux premières lettres de son nom.

HYACINTHE (S.), religieux de l'ordre de St-Dominique, né vers 1183 près de Cracovie, était d'une des premières familles de Pologne. Il fonda à Cracovie en 1217 un monastère de Dominicains, prêcha l'Évangile dans la Mazovie, la Poméranie, le Danemark, la Suède, la Norvège et l’Écosse, opérant de nombreuses conversions, puis fit un voyage à Constantinople, parcourut la Grande Russie et fonda un monastère à Kiev. Il m. à Cracovie en l257. On l'h. le 16 août.

HYADES (du grec hyein, pleuvoir), filles d'Atlas, roi de Mauritanie, furent si affligées de la mort de leur frère Hyas, tué à la chasse, qu'elles en moururent de regret. Elles furent changées en une constellation qui préside à la pluie. On en compte généralement sept, quelquefois cinq. Elles forment le front de la constellation zodiacale du Taureau.

HYANTES, peuple primitif de la Béotie. Chassés de ce pays par Cadmus, ils se retirèrent en Phocide, où ils fondèrent la ville de Hyampolis sur le Parnasse.

HY-AR-BRAS, c.-à-d. Hy le Grand, nom donné par les Druides au dieu vulgairement appelé Hésus.

HYBLA, nom commun à trois villes de Sicile : Hybla major, auj. Paterno, à 20 kil. N. O. de Catane, dans le Val-di-Demona; — Hybla minor ou Heræa, auj. Calatagirone ou Ragusa, à 20 kil. S. E. de Leontini : sur les coteaux qui environnaient celle-ci, on recueillait un miel délicieux, égal à celui de l'Hymette en Attique; — Hybla parva, appelé depuis Megara, sur la côte S. E. de la Sicile, au N. de Syracuse, au N. E. d’Hybla minor et au S. E. d’Hybla major. On en voit les ruines sur les bords du Cantaro.

HYCCARA, v. de Sicile, sur la côte N., près de Muro-di-Carini, Patrie de la fameuse Laïs.

HYCSOS, c.-à-d. Impurs, nom donné par les anc. Égyptiens, aux chefs de tribus nomades de pasteurs, la plupart Arabes ou Phéniciens, qui envahirent l’Égypte vers l'an 2310 av. J.-C.,et qui y formèrent la 17e dynastie. Ils occupaient le N. et le centre du pays. Salatis, le 1er des rois Hycsos, s'établit à Memphis où il régna 19 ans. Ses successeurs se maintinrent en Égypte environ 260 ans. Ils en furent chassés par les Pharaons Thébains Misphragmoutosis et Thoutmosis, vers 2050 av. J.-C. Ils conservèrent longtemps encore leur autorité sur quelques cantons de l’Égypte, et ne furent entièrement chassés qu'au bout de 5 s.

HYDASPE, Hydaspes, auj. le Djelem, fleuve de l'Inde, dans la partie N. O., venait des monts Imaüs et tombait dans l'Hydraote, après avoir traversé le roy. de Porus. Des 5 rivières du Pendjab, c'est celle qu'on rencontrait la seconde en allant de l'O. à l'E. Le passage de l'Hydaspe par Alexandre en 326 et la bataille qu'il y livra à Porus sont au nombre des plus beaux faits d'armes de ce grand capitaine. C'est sur l'Hydaspe qu'il s'embarqua avec 200 vaisseaux pour descendre jusqu'à l'Indus et de là jusqu'à l'Océan.

HYDE (Thomas), orientaliste anglais, né à Billingsley en 1636, mort en 1703, fut conservateur de la Bibliothèque bodléienne, professeur d'hébreu et d'Arabe à Oxford, secrétaire-interprète pour les langues orientales. On a de lui : Tabulæ longitudinis ac altitudinis stellarum fixarum ex observationibus Ulugh-Beighi, Oxford, 1665; Catalogus bibliothecæ Bodleianæ, 1674; de Ludis orientalibus, 1684 ; Veterum Persarum et Magorum religionis historia, 1100. Dans ce dernier ouvrage, il établit que les Perses ont toujours conservé la notion d'un Dieu unique.

HYDERABAD, HYDER-ALI. V. HAÏDERABAD, etc.

HYDRA, Hydrea, île de l'État de Grèce, sur la côte O. de l'Argolide; 16 kil. sur 5; 20 000 hab.; ch.-l., Hydra. Pays montagneux, peu fertile, mais commerçant. Les Hydriotes passent pour les plus habiles et les plus braves marins de la Grèce. Cette île fut peuplée par des Samiens fugitifs, au temps de Polycrate. Elle ne joue aucun rôle dans l'histoire de la Grèce ancienne. En 1470 elle servit de refuge à des Albanais qui fuyaient la domination ottomane.