Page:Bouillet - Chassang - Dictionnaire universel d'histoire-geo - 1878 - P3 - Q-Z.djvu/218

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


historiographe des Indes. Il embrassa l'état ecclésiastique en 1666. On a de lui neuf comédies (entre autres la Bohémienne, le Château du mystère), où l'on trouve de l'imagination et de l'esprit et qui rivalisent avec les meilleures pièces de Calderon; des Poésies diverses, Madrid, 1692, et des Lettres, 1737; mais il est surtout connu par son Histoire de la conquête du Mexique, qui parut à Madrid en 1684, in-fol., et qui fut traduite en français dès 1691 par Citri de La Guette. C'est sous le rapport de l'art de la composition et de la pureté du goût un des bons ouvrages qu'ait produits l'Espagne; malheureusement, l'auteur remonte rarement aux sources et n'indique pas ses autorités; en outre, il a ajouté au récit des discours, qui la plupart du temps sont hors de saison.

SOLIS (don Franc. de), peintre de l'école de Madrid, né en 1629, m. en 1684, se fit remarquer par sa précocité, obtint les encouragements de Philippe IV et vit ses ouvrages recherchés de toutes parts. Parmi ses tableaux, on admirait une Conception où un dragon se tordait aux pieds de la Vierge. Sa couleur, très-brillante de son vivant, a beaucoup perdu.

SOLLIÈS-PONT, ch.-l. de cant. (Var), à 15 k. N. E. de Toulon, 2961 h. Soie, figues, olives, etc.

SOLMONA, Sulmo, v. d'Italie, dans l'anc. roy. de Naples (Abruzze Ultér. 2e), à 65 kil. S. E. d'Aquila; 8500 h. Évêché. Belle cathédrale, belle église de l'hospice, couvent de Célestins (transformé en maison de travail pour les indigents). Confitures renommées, teintureries, objets en écaille. Patrie d'Ovide et d'Innocent VII. — Fondée par des Illyriens. Elle souffrit beaucoup pendant les guerres civiles de Rome, et plus tard fut ravagée par les Sarrasins. Elle redevint florissante sous les Normands. Au XVIe s., elle fut érigée en principauté par Charles-Quint en faveur du vice-roi de Naples, Lannoy.

SOLMS (Maison de), maison allemande fort ancienne, qu'on fait remonter à Othon, frère du roi de Germanie Conrad I (912-918). En 1409, elle se divisa en deux lignes : celles de Solms-Braunfels et de Solms-Lich, qui se subdivisèrent en de nombreuses branches. De la 1re sont issues les branches de Solms-Braunfels-Hungen et de S.-Braunfels-Greiffenstein; de la 2e, celle de S.-Laubach, qui a formé celles de S.-Laubach-Sonnewalde, S.-Laubach-Baruth, etc.

De toutes ces branches, la principale est celle de Solms-Braunfels-Greiffenstein, dont le chef est qualifié prince depuis 1742; celle de Lich-Hohensolms porte aussi le titre de prince depuis 1792; les autres sont comtes. — Les possessions de la maison de Solms avaient jadis environ 40 kil. sur 24, et étaient situées sur les deux rives de la Lahn, près des terres de Nassau, de la Hesse et de Wetzlar. Ces possessions ont été médiatisées en 1806. Elles sont auj. réparties dans les États de Hesse, de Wurtemberg et de Prusse.

SOLOGNE, Secolaunia en latin du moyen âge, petit pays de l'anc. France, dans l'Orléanais (auj. dans le dép. de Loir-et-Cher), entre la Loire et le Berri, avait pour ch.-l. Romorantin et pour autres places Aubigny, Sully, La Ferté-Aurain, Pierrefitte. Ce pays, qui n'a pas moins de 500 000 hectares, est traversé par 3 rivières, la Sauldre, le Beuvron et le Cosson, et est couvert de marais (on en compte env. 1200, occupant 17 000 hectares), de landes, de bruyères, de terres incultes; les fièvres y sont fréquentes et la population rare. Le pin maritime y réussit; on y élève des volailles renommées. — La Sologne était autrefois un pays prospère : il a été ruiné aux XVIe et XVIIe s. par les guerres de religion et par la révocation de l'édit de Nantes, qui, en chassant les Protestants, a laissé la terre sans culture. On a entrepris de nos jours d'assainir cette contrée et de lui rendre son ancienne prospérité : deux canaux, commencés en 1852, fournissent un écoulement aux eaux stagnantes ; de nombreuses routes ont été ouvertes pour faciliter le transport des produits; en outre, des fermes modèles ont été créées à grands frais par l'Empereur Napoléon III.

SOLON, législateur d'Athènes et un des sept sages de la Grèce, né vers 640 av. J.-C. à Salamine, était issu de Codrus, le dernier roi d'Athènes. Il suivit d'abord la carrière du commerce, rétablit ainsi sa fortune, que son père avait compromise, puis vint se fixer à Athènes et servit sa patrie dans les conseils et dans les armées. Les Athéniens, après plusieurs entreprises infructueuses contre l'île de Salamine, que les Mégariens leur avaient enlevée, avaient décrété la peine de mort contre tout citoyen qui proposerait une nouvelle expédition : Solon, contrefaisant l'insensé, vint lire sur la place publique des vers qui ranimèrent le courage de ses compatriotes et fit ainsi rapporter le décret; il reçut le commandement d'une nouvelle expédition et réussit à reprendre Salamine. Nommé seul archonte en 593, il reçut l'importante mission de donner des lois nouvelles à la république. Il abolit celles de Dracon et y substitua un code saga et humain ; il établit en même temps une constitution qui était un habile mélange de démocratie et d'aristocratie, et calma ainsi les troubles violents auxquels l'État était en proie depuis 30 ans : les citoyens, distribués en 4 classes d'après leur revenu, formèrent l’Assemblée du peuple dans laquelle résidait la souveraineté; il donna pour contre-poids à cette assemblée un sénat et l’aréopage reconstitué. Il quitta Athènes après avoir fait prêter serment aux lois nouvelles, et alla visiter l'Asie-Mineure, Chypre, l’Égypte; dans ses voyages, il fit, dit-on, à Crésus roi de Lydie, une visite célèbre, racontée par Hérodote, mais qui s'accorde peu avec la chronologie. Il ne revint dans sa patrie qu'au bout de dix ans; mais il trouva ses lois en oubli, les factions aux prises, et ne put ni désarmer les partis, ni empêcher les Athéniens de se donner pour maître Pisistrate ; il finit par s'exiler et mourut en Chypre, vers 559. Solon était bon poëte et grand orateur : on a de lui quelques fragments (imprimés avec les Gnomiques, et publiés séparément par Bach, Bonn, 1825). Sa maxime favorite était : « En tout considérez la fin. » Plutarque a écrit sa Vie.

SOLOR (île), une des îles de la Sonde. V. SONDE.

SOLOTHURN, nom allemand de Soleure.

SOLRE-LE-CHÂTEAU, ch.-l. de c. (Nord), sur la Sare, à 14 kil. N. E. d'Avesnes; 3001 hab. Lainages. Château fort, pris par Turenne, et détruit en 1793.

SOLSONA, Celsa, v. forte d'Espagne (Catalogne), sur le Negro, dans la prov. et à 90 k. N. E. de Lerida; 2500 hab. Évêché.

SOLTIKOV (P. Simon, comte), général russe, d'une famille alliée à la famille impériale, fut en grande faveur sous Élisabeth, commanda en 1759 l'armée opposée à Frédéric II, battit ce prince à Cunersdorf et fut en récompense fait maréchal et gouverneur de Moscou. Il mourut en 1772. — Son fils, Ivan S., administrateur et général habile, fit deux belles campagnes contre les Suédois, fut nommé maréchal par Paul I en 1796, puis gouverneur de Moscou; il mourut dans cette ville en 1805. — Sergius, comte S., amant de Catherine II quand elle était encore grande-duchesse, fut éloigné de la cour par Élisabeth et envoyé en Suède, où il mourut.

SOLTWEDEL, v. murée des États prussiens (Saxe), sur la Jetze, à 90kil. N.O. de Magdebourg; 6000 h. Sources salées qu'on n'exploite plus. Jadis ville hanséatique. Les margraves y résidèrent de 978 à 1050.

SOLWAY (Golfe de), Ituna æstuarium, golfe de la mer d'Irlande, entre l'Angleterre au S. et l’Écosse au N., forme la limite des deux pays. Il a 65 kil. de long. C'est là que commençait le mur d'Adrien.

SOLWAY-MOSS, marais d'Angleterre (Cumberland), à l'extrémité N. E. du golfe de Solway, entre l'embouchure du Sark et celle de l'Esk. Les Écossais y furent défaits par les Anglais en 1542.

SOLYME, Solyma, nom poétique de Jérusalem.

SOMAIN, bg. du dép. du Nord, à 17 kil. E. de Douai; 3650 hab. Brasseries, forges. Station du chemin de fer du Nord (ligne de Douai à Valenciennes) et embranchement sur Busigny.