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PRÉFACE

les plus précieuses idées poétiques d’un Matthew Arnold et d’un Swinburne, et, dans le domaine de l’art, d’un Burne-Jones. Mystérieux pouvoir du goût, d’une langue saine, d’un bon style ! Ce Malory ne fut qu’un traducteur, un adaptateur : sans lui pourtant, dans l’Angleterre d’aujourdhui, ni la poésie, ni la pensée, ni l’art ne seraient tout à fait ce qu’ils sont.

Ne se peut-il pas que le vieil auteur du Lancelot ait trouvé enfin, chez nous aussi, un renouveleur digne de lui et qui représente en quelque mesure à nos yeux cet Arioste français dont rêvait la Pléiade, ce Malory que nous envions aux lettres anglaises ? Voici que M. Jacques Boulenger s’efforce de le remettre en lumière et en honneur. L’entreprise que le comte de Tressan en 1775, puis Paulin Paris en 1868, ont essayé d’accomplir, il la tente à nouveau, mieux armé que ses devanciers. Il dispose de la magnifique édition du Lancelot, en sept forts volumes in-4°, qu’a publiée à Washington, de 1909 à 1913, aux frais de la Carnegie Institution, M. H. Oskar Sommer[1]. Il dispose aussi des commentaires multipliés par de récents érudits, de la très ingénieuse et très pro-

  1. Sous ce titre : The Vulgate version of the Arthurian romances, edited from manuscripts in the British Museum.