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LE CHÂTEAU AVENTUREUX

dirent qu’ils ne feraient point d’opposition : de sorte que le roi Artus manda à ses chevaliers de se désarmer, hormis l’avant-garde, et passa sans commettre aucun dégât ni dommage.

Il apprit, cependant, que les barons du pays ne pouvaient s’accorder pour élire leur seigneur, et qu’un comte d’Allemagne, nommé Matabron, les menaçait de s’emparer par force de la terre de Gaule s’ils ne la lui octroyaient par amour, car il avait grande abondance de biens et d’amis. Cela fit songer au roi qu’il avait de meilleurs droits que tout autre sur ce royaume, pour ce que Faramond avait jadis dû rendre hommage à son père Uter Pendragon. Il résolut de les faire valoir ; néanmoins il envoya son armée contre le roi Claudas, jugeant qu’il lui suffisait d’un petit nombre de gens, du moment qu’il gardait Lancelot avec lui.

Les barons de Gaule, qui étaient alors assemblés dans la ville de Paris, eussent volontiers reconnu Artus pour leur seigneur, mais Matabron s’écria :

— Ce roi est fou, qui veut avoir la terre à moi donnée. S’il en fait tant que je pende mon écu à mon cou, il n’échappera pas sans avoir la tête coupée !

Et lorsqu’il sut que le roi approchait de Paris, il lui envoya un messager pour lui dire que ce serait mal fait que leurs gens s’entretuassent, et qu’il le défiait seul à seul, corps à