Page:Bouton - La Patrie en danger au 25 février 1848.djvu/15

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Les municipaux se refoulèrent vers le boulevart et la légion regagna la porte Saint-Martin. Bientôt l’aspect de Paris change. Un général arrive, annonce un changement de ministère, la concession de réformes ; on chante, on entoure les soldats, on se serre les mains, on pleure, et la troupe se dispose à regagner ses quartiers.

Les seuls municipaux font contraste à cet élan : La foule se retourne vers eux, les menace du geste et des cris. Ils rentrent à leur caserne du faubourg Saint-Martin : on les poursuit de pierres et les derniers sont couverts de boue.

On serre de près leur caserne, on veut en faire l’assaut ; on réclame leurs armes. Un mouvement d’effroi pénètre la foule ; ils paraissent tout-à-coup à leurs fenêtres et semblent prêts à mourir en soldats.

Mais quelque chose de plus cruel devait les atteindre : on veut arracher le drapeau placé au-dessus de leur porte. Quelques gardes nationaux accourent ; ils demandent à parler au chef de bataillon :

« N’engagez pas un conflit, lui dirent-ils, la foule démolirait votre caserne. Le plus sûr moyen d’entraîner loin d’ici les flots de peuple qui vous