Page:Bouton - La Patrie en danger au 25 février 1848.djvu/21

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avant que le citoyen Lagrange ne vint, avec sa tête ardente et ses cheveux en désordre, exhorter les étudiants à une lutte désespérée, prendre la résolution de faire donner en masse les Écoles, les engager à passer le reste de la nuit à fabriquer des balles et des cartouches, et prononcer ces paroles, redites tant de fois « il s’agit pour la démocratie de vaincre ou de mourir » ;

Que faut-il croire :

Ou de ce récit fait sous l’impression des événements par le journal signé de M. Watripon ;

Ou de la déposition faite 15 mois après par le même Watripon, d’après laquelle Lagrange n’a pu être présent au boulevart des Capucines ?

Que Dieu me pardonne, MM. Lagrange et Watripon aussi, il y a une logique inexorable, celle du temps : Elle nous dit que M. Lagrange n’était peut-être pas dans la colonne révolutionnaire qui parcourut le quartier latin de 7 heures à 9 heures du soir, mais qu’il est venu insurger les Écoles — après le massacre — où il a bien pu se trouver ; sa présence sur la rive gauche est postérieure à la catastrophe.