Page:Bouton - La Patrie en danger au 25 février 1848.djvu/33

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


le 25 avec tristesse, mais avec une dernière espérance.

L’armée n’avait pas fait sa soumission. Vincennes n’était pas rendu. La duchesse d’Orléans pouvait avoir le courage d’arriver comme un coup de tonnerre à l’Hôtel de Ville, et la République n’était pas proclamée.

J’allai machinalement vers la Grève, dont la place était hérissée de baïonnettes. Une agitation régnait et animait cette masse, et de tous les points partait cette exclamation :

— « On veut proclamer la régence ! »

Ce qui faisait supposer cette intention au Gouvernement provisoire, c’était son hésitation à mettre en tête de ses placards, ces mots officiels :

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

La première proclamation affichée la veille à cinq heures, avait été faite

Au nom du peuple souverain.

La seconde promettait un gouvernement républicain ; mais qu’est-ce à dire ? Un gouvernement républicain ressemblait trop à la meilleure des républiques !