Page:Bravat - Essai sur la race bovine gasconne.djvu/33

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dans notre région, il faudrait posséder des ressources alimentaires que nous n’avons pas. Voilà justement où est la cause du mal, cause qui sera d’autant plus difficile à faire disparaître, que l’on s’abandonnera davantage à la puissance de la routine. Il faudrait, non-seulement, nourrir plus abondamment les animaux existant déjà, mais il faudrait encore en augmenter le nombre. Alors, le travail se ferait plus facilement, les animaux se soulageraient mutuellement, s’épuiseraient moins, et pourraient être livrés avec plus d’avantage au but final (la boucherie), auquel ils sont condamnés en naissant. Mais, dit Lafore, dans un remarquable mémoire qu’il adressait à la Société vétérinaire du département de Lot-et-Garonne : « Dans les pays où les fourrages n’abondent pas, multiplier l’espèce, c’est la faire dégénérer, puisqu’on nourrit avec d’autant plus de parcimonie que les animaux sont en plus grand nombre. » Il faudrait donc, la première des choses, augmenter la proportion des prairies. Ce n’est pas absolument des prairies naturelles que je veux parler, car, généralement, elles sont assez abondantes dans la Gascogne ; mais celles dont on devrait sérieusement s’occuper d’augmenter la proportion, ce sont les prairies artificielles et les diverses plantes qui servent à la nourriture du bœuf. Voyons si le problème serait difficile à résoudre. Il n’y a peut-être pas d’espèce animale plus facile à nourrir, qui ait une alimentation plus variée que le bœuf. Il est infiniment moins granivore que le cheval et pousse essentiellement à la culture fourragère — l’herbe et les racines. — Il accepte avec facilité beaucoup de plantes que le cheval ne voudrait pas manger. On lui donne des aliments secs, du vert de toutes les plantes artificielles, toutes les pailles de graminées, du foin de prairies naturelles et artificielles, toutes les fanes de plantes potagères ; les gousses de légumineuses,