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SECONDE PARTIE

à Mme Texier laquelle répondit : « Qu’elle ferait mieux de rester à Orléans, qu’elle serait plus heureuse et plus tranquille. »

« Nous espérons que l’heure est proche où l’empire sombrera, alors nous rentrerons dans notre chère patrie. Votre mari sera heureux de retrouver l’humble foyer que vous lui avez conservé.

Ma chère petite amie, sois courageuse ! Si tu savais combien l’exil est amer ! Nous avons hâte que cette triste existence se modifie. Je suis si inquiète de l’état d’esprit de mon mari, il est toujours si malheureux, il lit avec tant de passion tous les journaux, espérant chaque jour que justice sera faite de l’empereur et de l’empire.

Je retrouverais la vie et la santé si je pouvais voir un beau matin à mon réveil, dans les journaux, la proclamation de la République (il était obsédé de cette idée fixe).

Comme je serais vite à Paris. Mais tant qu’un Bonaparte règnera en France, je n’y mettrai jamais les pieds ! »

Nous reçûmes une lettre de Paris qui nous mit au courant de ce qui s’y passait, nous faisant part de la mort de Lamennais lequel mourut le 27 février 1854. Il se fit enterrer civilement, pourtant il était abbé, ce grand penseur qui refusa les prières, il ne voulut pas de croix, ni l’assistance de la religion.

Les choses de la vie suivaient leur cours tant à Bruxelles qu’à Orléans.

Un jour, le facteur nous apporte une lettre de Belgique encadrée de noir, nous étions très émues. En