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cette étude quelques remarques sur la Chronologie proprement dite, c’est-à-dire sur l’emploi de l’année de l’Incarnation, des Indictions et de l’Olympiade, pendant la même période[1].


PREMIÈRE PARTIE.
I. – Louis le Débonnaire, empereur.

Louis, fils de Charlemagne et d’Hildegarde, nommé roi d’Aquitaine à sa naissance, sacré à Rome le jour de Pâques 781, fut associé à l’empire au mois de septembre 813, et succéda à son père le 28 janvier 814. Il mourut le 20 juin 840.

Nous avons trois actes datés du règne de ce prince, nous allons les étudier en reproduisant le texte même des dates, comme nous le ferons dans toute la suite de ce travail :

No 3. (B. N. cop. 283-3[2].) Facta noticia die lunis, primo quodam menses febroarius, in anno, Christo propitio, primo imperante gloriosissimi domini nostri Ludovici imperatoris. Cette charte a été datée du 1er février 814 (?) ; mais il y a une difficulté résultant de ce qu’en 814 le 1er février tombe un mercredi et non pas un lundi. M. A. Bernard avait proposé de lire comme s’il y avait : le premier lundi de février, qui serait le 6 ; mais il serait encore difficile d’admettre qu’à Tournon[3] l’on savait déjà à cette date le changement de règne, Charlemagne

  1. En préparant l’édition des Chartes de l’abbaye de Cluny, M. A. Bernard avait étudié quelques-unes de ces questions de chronologie. On trouvera cités plus loin les articles qu’il avait insérés dans les Mémoires de la Société des antiquaires de France. Il avait même entrepris un travail d’ensemble sur la chronologie des rois de France et de Bourgogne, mais les notes qu’il a laissées sont trop informes et trop incomplètes pour être publiées, et, voulant traiter le même sujet, nous avons dû refaire le travail entièrement.
  2. Nous avons cru utile de joindre au numéro de chaque charte la note indiquant la source qui l’a fournie, original ou copie. L’explication de ces abréviations se trouve en tête du t. I du Recueil des chartes de l’abbaye de Cluny.
  3. Quant au lieu où cette notice a été rédigée, Tornone castro, il faudrait y voir, d’après M. Brun-Durand, non pas Tournon (Ardèche), mais Tournon (Isère), commune d’Amblagnieu. (Voir une note sur ce sujet dans la Revue des sociétés savantes, 6e série, t. III, mai-juin 1876, p. 505-506.)