Page:Bruel - Études sur la chronologie des rois de France et de Bourgogne.djvu/8

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pensé que l’exposé de ces faits nouveaux et des solutions que nous avons cru devoir donner à ces difficultés, pourrait présenter quelque utilité, même abstraction faite des textes qui nous ont fourni les dates à étudier.

Une des principales difficultés de la chronologie au moyen âge, dans la période qui a précédé le xiie siècle, est l’absence du millésime. Ce fait est particulièrement sensible aux ixe et xe siècles ; sur plus de dix-sept cents chartes ou diplômes des années 802 à 987, nous n’avons que quarante exemples d’actes datés de l’année de l’Incarnation[1].

Pour suppléer à l’absence du millésime, les rédacteurs dataient les actes par les années des rois, à l’imitation des Romains, qui comptaient par les années des consuls ; mais ici se rencontre une nouvelle cause d’incertitude et de confusion, la similitude des noms de certains rois, tels que Lothaire, Louis, Charles, Carloman, Raoul ou Rodolphe, qui régnaient soit en même temps sur des territoires voisins, soit dans le même pays, et successivement, mais dans des temps fort rapprochés. Un des meilleurs moyens de dissiper cette confusion est de s’aider des synchronismes, qui permettent de préciser, par comparaison, le nom du roi dont il s’agit. Nous avons eu soin de ne pas négliger quelques autres ressources, quand elles se sont présentées, comme la mention des dates de lieu, qui indiquent sous quelle autorité l’acte a été rédigé. Enfin, le nom du roi étant déterminé, il reste à résoudre une dernière question. De quel moment le rédacteur a-t-il compté le commencement du règne ? Quel événement a-t-il pris pour point de départ ? Nous avons dû nous poser sans cesse cette question pour fixer la date de nos chartes, et les points de départ que nous avons reconnus devront être justifiés. Telles sont les conditions dans lesquelles fonctionne la chronologie de ces époques reculées.

Ce travail sera divisé en deux parties. Dans la première, nous étudierons la chronologie tirée du règne des empereurs et des rois carolingiens dans la seconde, nous examinerons celle qui nous est fournie par les chartes et diplômes des rois de Bourgogne que l’on a appelés quelquefois Bosonides et Hugonides, du nom de ceux qui furent les chefs de ces races royales. Nous joindrons à

  1. Soit 22 dans le premier volume et 18 dans le second ; sur ce nombre, il y a 14 diplômes, les autres sont des chartes privées.