Page:Brunet - Le mariage blanc d'Armandine, contes, 1943.djvu/137

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comme pour Thibaut, l’Ulster, sont le résumé de toutes les horreurs du monde, que le peuple allemand doit régénérer, aidé de quelques étrangers, comme Arpin… Tu ne comprends pas ? C’est que tu n’as pas lu Gobineau, comme Arpin. Ce qui l’a frappé, c’est l’étude de Gobineau sur son ancêtre le pirate normand. Or Arpin descend des Normands — par un escalier aussi long que les nôtres, et il croit que le Führer a entrepris la croisade sainte pour délivrer les plus purs Aryens, et par conséquent, les Arpin… On a vu plus bête.

— Le malheur, c’est que cet Arpin soit fou.

— Et ce qui l’occupe en ce moment c’est Thibaut. Admire ici la logique des fous. Il a vu qu’après son télégramme, on n’a pas arrêté Thibaut. Cela lui a mis la puce à l’oreille. Ensuite Thibaut est à la clinique : or, Arpin, comme tous les persécutés veut seul être et rester un persécuté. Sa conclusion, c’est que Thibaut est payé, que Thibaut est membre de l’Intelligence Service, un des membres les plus sournois, ceux que l’on soudoie pour entretenir la zizanie : diviser pour régner. Qu’il soit ici, l’explication en est que, durant la guerre, ces fameuses maximes machiavéliques sont mises