Page:Brunner - Bains de Loèche, Suisse, Canton du Valais - Guide du Touriste et du Baigneur, 1890.djvu/6

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Outre les eaux si renommées, on jouit à Loèche, même au fort de l’été, d’un air pur, riche en ozone et fortifiant, grâce au voisinage des forêts de sapins, d’un véritable climat de montagne qui fait de cette localité une station de bains unique en son genre. La température moyenne de Loèche-les-Bains, pendant les mois de juin, juillet et août est de 13 degrés centigrades (moyenne des observations de 3 ans). Aussi est-ce par centaines que les baigneurs y affluent pendant la saison, et chaque jour en été ce charmant vallon est parcouru par des touristes de toutes nations, dont la plupart traversent le magnifique passage de la Gemmi.

Le voyageur qui voit cette contrée en été, sous ses aspects les plus riants, ne peut se faire une idée de la rudesse de l’hiver dans ces hautes régions et des dangers auxquels l’habitant des Alpes est exposé.

Plusieurs fois déjà les avalanches ont détruit les établissements de bains. En 1518, tout fut rasé jusqu’à l’église et soixante et une personnes périrent (Bridel). La plus terrible catastrophe fut celle du 17 janvier 1719.

À 8 heures du soir une avalanche épouvantable fondit sur le village avec la rapidité de l’éclair. En un clin d’œil, plus de cinquante maisons furent rasées ; tous les bains, les hôtels, un grand nombre de granges et de greniers furent entièrement détruits. Cinquante-cinq personnes des deux sexes et de tout âge perdirent la vie. Les victimes furent retrouvées, les unes à demi-mortes, les autres entièrement écrasées sous les décombres ; d’autres, emportées par le vent à de grandes distances. Une grande quantité d’animaux domestiques