Page:Buckland - La Géologie et la Minéralogie dans leurs rapports avec la théologie naturelle, 1838, tome 1.djvu/545

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ET DE LA SCIENCE.

d’imposer à ceux qui étudient la théologie naturelle la nécessité d’en méditer les pages, nécessité qui semble préparer à celui qui débute une tâche hasardeuse et pénible, mais qui tient en réserve, pour qui s’y est une fois engagé, une occasion d’exercer les plus hautes facultés de l’esprit, tout à la fois rationnelle, pieuse et pleine de charmes intellectuels, en multipliant autour de lui les preuves de l’existence de Dieu, de ses attributs et de sa Providence[1].

Mais l’alarme qu’avait jetée la nouveauté des premières découvertes géologiques est maintenant à peu près dissipée ; et les hommes qui ont été assez heureux pour être les humbles instrumens de la promulgation de ces découvertes, et qui ont courageusement persévéré dans l’affirmation qu’une vérité ne

  1. « De même que l’étude du monde matériel ne nous instruit pas des vérités de la religion révélée, les vérités de la religion de leur côté ne nous font rien connaître des inductions de la science physique : il en résulte que les hommes qui se sont trop exclusivement adonnés à l’une ou à l’autre de ces deux branches de nos connaissances se trouvent souvent exposés à s’exagérer à eux-mêmes leur propre science, et à devenir ainsi des hommes à idées rétrécies. La bigoterie est un vice qui assiège notre nature : trop souvent elle va de compagnie avec le zèle religieux ; mais il est plus âpre encore et plus intraitable peut-être quand il coïncide avec l’esprit d’irréligion. Un philosophe tournera parfois en ridicule les travaux des hommes religieux, n’en ayant aucunement saisi l’esprit ; et il peut se faire que de son côté un homme qui se croira religieux prononce un jugement tout aussi plein d’amertume, et remercie Dieu de ne l’avoir pas fait ressembler aux philosophes, oubliant également que l’homme ne peut pas atteindre à des connaissances plus élevées que ne le lui permettent les facultés que la main du Créateur lui a départies, et que nous ne devons toutes nos connaissances naturelles qu’à un reflet de la volonté de Dieu. Des jugemens pleins de cette amertume ne sont pas seulement dépourvus de sens, ils sont coupables. La véritable sagesse consiste à voir que toutes les facultés de l’esprit et toutes les parties de nos connaissances marchent d’un commun accord vers un but unique, qui est de servir en même temps le bonheur de l’homme et la gloire du Créateur. » — Sedgwick, Discours sur les études de l’Université de Cambridge.