Page:Buies - Anglicismes et canadianismes, 1888.djvu/89

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ribles expressions que je connaisse. Dites donc plutôt que vous êtes informes, et ça sera beaucoup plus juste.

Une autre expression impayable, prise toute crue de l’anglais, c’est celle-ci que l’on emploie par exemple à la fin d’un admirable discours : « Avec ces quelques remarques, je termine…… » Cela veut dire : Pour me résumer, je dirai……

a-t-on pris « présider à l’orgue, se noyer accidentellement, plaider des circonstances atténuantes pour invoquer, devenir en force » pour venir en vigueur ? Il n’y a que nous, les canadiens du pays, qui puissions comprendre ce mauvais anglais-là.

Et dire que la plupart des fois qu’on se sert de ces expressions baroques, inexorablement prises de l’anglais, on a dans le français des expressions toutes faites, qu’on emploie tous les jours et que tout le monde connaît. Mais quand on se fait imprimer, ce n’est plus la même chose. Vous comprenez bien, présider à l’orgue ! ça n’est pas du commun, cela !…

Je lisais encore : « Le Herald publie une entrevue avec M. Morin, membre de la législature de Terreneuve, décrivant la nullité complète des pêcheries sur les côtes de Terreneuve et du Labrador. »

Hein ! Qu’en dites-vous, de celle-là ? Nos pêcheries sont nulles sur les côtes de Terreneuve et