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VOYAGES

La plus grande partie de cette immense fortune fut confisquée jadis par le gouvernement mexicain, de sorte que lorsque la Californie devint partie intégrante de l’Union Américaine, en 1848, il ne restait de l’antique Mission que l’édifice proprement dit, avec ses murs en adobe, l’église qui était contigüe et le terrain qui l’entourait. C’est ce qu’on peut voir encore aujourd’hui, malgré que le temps ait détaché du vêtement de l’édifice bon nombre de pièces d’adobe, sorte de brique faite avec de la terre pétrie, séchée et durcie au soleil.

Plus loin, en revenant vers la ville, on atteint les Woodward Gardens, jardins zoologique et botanique, où se trouvent en outre une galerie des arts et un musée ornithologique.

Je ne crois pas qu’il existe au monde rien d’aussi complet en son genre. Sans doute qu’il faut laisser de côté les grands musées et les jardins publics de l’Europe, où depuis des siècles la science rassemble toutes les variétés possibles des trois règnes de la nature ; mais rappelons-nous que le jardin Woodward est une propriété privée ouverte au public seulement depuis 1866, et que déjà il renferme, par le nombre et le choix des espèces, de quoi faire l’orgueil d’une grande ville.

Il y a quatorze ans que M. Woodward a conçu la création de ce jardin, simplement pour embellir les environs de sa demeure. Mais entraîné bientôt par l’esprit d’entreprise des hommes de sa race et de son pays, il ne tarda pas à l’agrandir et à la meubler des sujets les plus curieux et les plus rares de l’histoire naturelle. Pour cet objet il fit creuser des grottes, des lacs, élever des collines artificielles, dresser une