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CONFÉRENCES.

et ce serait infiniment mieux sous tous les rapports ; mais à ceux que ce mot d’indépendance effraie, nous pouvons répondre que la prérogative exercée par l’Angleterre de conclure avec d’autres nations des traités où le Canada est spécialement en jeu, ne devient dans la plupart des cas qu’une simple formalité. Cette formalité est désagréable, elle entraîne des délais, elle est fastidieuse, elle nous expose à recevoir le contre-coup de toutes les difficultés qui peuvent s’élever entre la métropole et les États-Unis, mais enfin elle n’est pas un empêchement absolu, et quand bien même on donnerait en faveur de l’indépendance les raisons les plus concluantes, ces raisons resteraient toujours sans effet tant que l’esprit du peuple n’y serait pas préparé.

Il faut donc rester dans les limites restreintes, mais précises, de la question commerciale, aller aussi loin que possible dans notre sphère d’action, aussi loin que le permet la dépendance coloniale, dégager la réciprocité de toutes les combinaisons politiques qui n’y ont pas un rapport nécessaire, en démontrer les innombrables avantages, tant pour nous que pour les américains, et se hâter de l’établir en dépit de cette loyauté inintelligente qui examine avant tout les questions au point de vue britannique, plutôt qu’au point de vue du pays même qui doit être notre premier intérêt.



Quand on considère que les États-Unis sont de beaucoup le principal marché du Canada, qu’il y exporte ses produits pour une valeur qui dépasse trente-cinq millions, et qu’il