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CONFÉRENCES.

est obligé d’accepter le prix que les américains veulent en donner, on ne tarde pas à apprécier les bienfaits de la réciprocité commerciale. Ce n’est pas sur le consommateur américain que pèse l’impôt douanier, mais bien sur le producteur des colonies qui est obligé de payer cet impôt à même le prix de vente ; voilà la situation exceptionnelle dans laquelle nous sommes. Or, en 1870, le Canada a payé de cette façon aux États-Unis pour près de six millions de droits sur une exportation qui n’atteignait pas tout-à-fait vingt-neuf millions. L’année dernière, le Dominion a exporté pour onze millions de produits agricoles seulement, sur lesquels les États-Unis ont retiré $2,200,000 de droits, tandis que de notre côté, nous ne percevons aucun droit sur les produits agricoles des États-Unis. Le charbon, dont les gîsements couvrent dans l’Amérique anglaise une superficie de 6,000 lieues carrées, 1,500 lieues carrées de plus que dans la Grande-Bretagne même, est aussi frappé de droits exhorbitants à la frontière américaine. Les principaux articles que nous exportons sont l’orge, l’avoine, le seigle et le bois qui, tous, sont frappés d’un droit de vingt pour cent au moins. Il y a d’autres articles, tels que les étoffes et les vêtements confectionnés, sur lesquels existe un droit si élevé qu’il équivaut à la prohibition ; il suffirait cependant à ces articles d’un marché libre pour que leur fabrication prît un rapide développement dans un pays où tout le favorise. Il en est ainsi du commerce de chaussures et des constructions navales, de même que pour le charbon dont il y a d’énormes dépôts dans les provinces maritimes. Toutes ces diverses branches d’industrie ne peuvent prendre l’essor dont elles sont susceptibles sans la réciprocité ; la construction des navires surtout en recevrait une impul-