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LE CHEMIN DE FER DE LA RIVE NORD.


Prononcé à Québec le 26 mars 1874.


I.


Messieurs,

Ce qu’il faut, ce qui est un besoin essentiel, une condition absolue d’existence pour les peuples modernes, ce sont les grands travaux industriels, l’application vaste et répétée de la science, et des voies de communication aussi nombreuses qu’étendues. La vie matérielle est analogue à la vie animale ; il faut qu’un pays soit sillonné de chemins de fer comme un membre est sillonné de muscles et de nerfs. Les voies de communication rapides sont comme les artères et les veines où se précipite le sang : sans elles, pas de circulation, pas de vie possible. Or, le sang d’un peuple aujourd’hui, c’est le commerce, ce sont les produits de son activité qu’il fait circuler dans tous les sens et qui, incessamment, se renouvellent. — S’il refuse de se frayer des routes vers les grands centres et les ports de mer qui servent de débouchés à son travail et à son industrie, il s’affaissera, il périra au milieu même de sa richesse. Les parties éloignées succomberont les premières, puis la tête et le cœur suivront.