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VOYAGES.

Un jour après le départ de Chicago, nous étions arrivés à Omaha, dans le Nebraska. Je ne sais quel pressentiment s’empara alors tout à coup de moi ; j’eus envie de vendre mon billet et de m’en retourner en Canada ; ah ! que ne l’ai-je fait ? Si j’avais su alors tout ce qui m’attendait ! Mais le destin me précipitait de l’avant ; je refusai d’écouter toutes les voix intérieures afin de ne pas laisser fléchir ma résolution, et, après une heure de marche furibonde à travers les rues et les environs d’Omaha, rendu plus dispos, ranimé, secoué par le mouvement, je reprenais le train qui allait m’emporter à six cent cinquante lieues plus loin.


IV.


Maintenant, parlons un peu de ce Ouest, de ce grand Ouest, de ce far West qui rappelle dans l’esprit tout un monde d’aventures et qu’a si bien peuplé l’imagination de Cooper. Allons-nous réveiller les ossements de ces innombrables tribus d’Indiens qui s’y livraient un combat continuel à la poursuite des buffles sauvages, ou des pionniers intrépides qui se lançaient dans ces régions inexplorées, emmenant avec eux tout ce qu’ils possédaient, bataillant, guerroyant sans cesse, couchant sous le ciel ouvert, obligés de défendre jusqu’au pauvre coin de terre où ils reposaient, longue histoire de souffrances, d’atrocités, d’héroïsme obscur