Page:Buies - L'Outaouais supérieur, 1889.djvu/290

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Lorsqu’on s’était procuré le nombre de canots nécessaire, que les marchandises étaient emballées et que la fonte des glaces avait rendu les lacs et les rivières navigables, la flotte partait de Lachine, à huit milles au-dessus de Montréal. Chaque canot avait dix hommes d’équipage. On y embarquait tout le bagage de ces dix hommes, soixante-cinq balles de marchandises, pesant quatre-vingt-dix livres chacune, six cents livres de biscuit, deux cents livres de petit salé et trois boisseaux de fèves.

En quittant Lachine, les canots se rendaient à Sainte-Anne, près de l’extrémité occidentale de l’île de Montréal, où les voyageurs se trouvaient à la vue du lac des Deux-Montagnes. C’est de cet endroit seulement qu’ils comptaient commencer en réalité leur voyage, parce qu’il y avait là une église consacrée à sainte Anne, protectrice des « voyageurs ».[1]

  1. (Passage traduit du Scottish Magazine de 1841, pour le journal lInstitut, de Québec, par U. J. Tessier.)

    Les « voyageurs » canadiens sont peut-être les hommes les plus intrépides, les plus infatigables, et en même temps les plus joyeux et les plus courageux que l’on puisse rencontrer. Leur tâche est de conduire les grands canots d’écorce de la puissante compagnie qui fait le commerce de fourrures au Nord-Ouest ; ils partent de Montréal le printemps et reviennent l’automne. Quelques-uns sont engagés pour un certain nombre d’années au service de la compagnie dans l’intérieur du pays. Dans le voyage en montant, les