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la province de Québec


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La colonisation du bassin du lac Saint-Jean n’a commencé que vers les années 1851-52. À cette époque, des endroits qui sont devenus depuis lors des centres importants, tels que Chicoutimi. Hébertville, Roberval, avaient l’aspect de villages primitifs. À l’intérieur, en remontant le cours du Saguenay jusqu’au lac Saint-Jean, il n’y avait absolument que la forêt vierge, et pas même l’ébauche d’un canton.

À l’heure actuelle, le nombre des cantons délimités et ouverts à la colonisation, dans le « bassin du Lac » proprement dit, s’élèvent à plus de trente, dont les plus fertiles, à l’est, au nord et à l’ouest, peuvent à bon droit être appelés le grenier agricole de la province.


III


Le lac Saint-Jean embrasse une superficie de 365 milles, soit 92 000 hectares, et une circonférence de 85 milles, ou environ 135 kilomètres.

Les Indiens nommaient le lac Saint-Jean « Picouagami, » le lac Plat, et de fait, cette nappe d’eau n’a que peu de profondeur et des rives généralement basses. On a cru pendant longtemps, pour cette raison, que le lac Saint-Jean ne pouvait être navigable qu’à de petites embarcations, mais il a fallu bientôt à la colonisation se développant d’année en année des communications assurées, promptes et régulières ; aussi n’a-t-on pas tardé à faire usage de bateaux à fonds plats, mus par la vapeur, qui parcourent le lac du sud au nord, et de l’est à l’ouest, pendant toute la saison de navigation, transportant les colons, leur ménage,