Page:Buies - La Province de Québec, 1900.djvu/90

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


certitude de sa conservation, pourvu qu’elle sache comprendre et seconder les desseins providentiels.

* * *

Rien ne peut plus désormais arrêter l’expansion naturelle de cette race, appuyée sur la possession du sol, sur la force des traditions, l’empire des mœurs établies, celui des faits acquis et la conscience d’une mission à accomplir, plus ou moins bien entrevue, plus ou moins définie, mais qui n’abandonne jamais les Canadiens-Français et dont ils portent en eux comme une image qui guide et éclaire leur marche.

Or, la mission des Canadiens-Français est de cultiver la terre, de devenir les premiers agriculteurs du continent américain. Aussi, poussés par un instinct irrésistible, cherchent-ils à s’emparer du sol, surtout du sol de leur vaste province, dont eux seuls peuvent devenir les maîtres, car ils sont les seuls défricheurs du nouveau-monde. Ils ont l’espace devant eux, l’espace qui s’ouvre de tous les côtés à la fois. Il leur faudrait s’emparer, en dehors de leur province, des territoires où ils retrouveraient la patrie laurentienne, et qui ne seraient pour eux qu’un déplacement, loin d’être un exil.

* * *

Voici que s’ouvre la région de l’Algoma ou du Nouvel Ontario, qui est grande comme la Nouvelle-Angleterre et l’État de New-York réunis. La superficie de la Grande-Bretagne n’est que de 120,850 milles carrés, tandis que le district d’Algoma, à lui seul, en renferme 143,517. Depuis 1886, il y a 50,000 de nos