Page:Buies - Le Saguenay et le bassin du Lac St-Jean, 1896.djvu/146

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II


Les premiers colons s’étaient établis d’abord près des moulins, puis sur les terres voisines non arpentées, et ils avaient continué en reculant sans cesse les bornes du domaine cultivable. Mais aucun ordre ne présida à cet établissement, et souvent les colons se gênèrent les uns les autres en empiétant mutuellement sur les portions de terre qu’ils avaient défrichées. On ne connaissait pas alors la division méthodique des terres, telle qu’elle a été pratiquée depuis. Les colons non autorisés (squatters), s’étaient établis partout où le terrain leur avait paru le meilleur, de sorte que les arpenteurs se trouvèrent dans l’impossibilité de faire la division d’après le plan adopté et les instructions qu’ils avaient reçues.

Dès 1843, il y avait ainsi plusieurs centaines de familles établies dans le Saguenay, sans posséder aucun titre de propriété. La plupart de ces colons n’avaient le moyen d’acheter ni chevaux, ni vaches, ni bœufs. Ceux qui ne trouvaient pas d’ouvrage dans les chantiers de M. Price défrichaient et semaient, sans autres instruments que la hache et la pioche, et, cependant, il arriva que plusieurs de ces défrichements furent considérables.

Quant aux autres colons qui travaillaient aux chantiers, ils n’avaient que de courts intervalles à donner à la culture de leurs terres. L’hiver, ils transportaient eux-mêmes dans des traîneaux leur bois de chauffage et leurs provisions. Ils n’avaient ni chemins ni communications