Page:Buies - Le Saguenay et le bassin du Lac St-Jean, 1896.djvu/249

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En se précipitant des hauteurs qu’elles recouvraient jadis, les eaux débordèrent sur le plateau du grand bassin avec toute la facilité imaginable. Comme elles n’avaient pas encore de chenal, elle roulèrent devant elles le sable et l’argile comme une avalanche que rien n’arrêtait. Elles se répandirent ainsi en s’élargissant petit à petit, mais aussi en diminuant de volume, jusqu’à ce qu’enfin elles furent toutes rassemblées dans le chenal qui avait fini par se creuser et qui était devenu assez profond pour retenir entre ses bords ces torrents livrés à leur course désordonnée. Les parties du plateau qui n’ont pas subi le passage de ces courants nouvellement formés n’ont pas reçu, en revanche, l’apport de sable qu’ils poussaient éperdûment devant eux, en balayant les dépôts séculaires amoncelés sur les flancs et au fond des gorges ; l’argile n’a pas été couverte dans ces parties échappées aux courants dévastateurs ; aussi n’y voit-on pas ces couches de sable ni ces longues dunes que l’on aperçoit sur le rivage immédiat des rivières qui débouchent dans le lac.

Il y a là une étude géologique des plus intéressantes et des plus attrayantes à poursuivre ; mais il ne nous appartient pas d’aller jusque là ; attendons : l’avenir, qui se hâte maintenant pour cette région si longtemps à peine indiquée sur nos cartes géographiques, nous réserve de nombreuses et importantes révélations sans doute ; contentons-nous de remarquer simplement en passant que tout le territoire situé entre la petite rivière Péribonka et